Biographie de Suzanne Noël

Biographie de Suzanne Noël

In this episode, Gaelle talks about an incredible French woman, Suzanne Noël. She was the first woman in the world to practice cosmetic surgery - at the beginning of the 20th century. She lived through two world wars and built a strong ethic and amazing techniques, considering plastic surgery like a feminist tool. Come and hear about this pioneer who was so readily erased from history books, only because she was a woman…

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Bonjour à toutes et bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Languatalk Slow French. Tout d'abord, je voudrais un peu m'excuser mais aujourd'hui j'ai une voix un peu nasale. Ça veut dire je parle un peu du nez parce que je suis un peu malade. Eh oui, c'est l'hiver en Europe et j'ai attrapé un rhume. Mais rien de grave. Et je pense que vous pouvez quand même me comprendre.

Aujourd'hui, je voudrais vous faire la biographie d'une femme remarquable, mais d'une femme qui n'est pas très connue. Elle s'appelle Suzanne Noël. Et si vous écoutez cet épisode au moment où il est diffusé, et bien nous sommes juste après Noël et je trouvais que c'était un peu une blague, un peu drôle, pour cette fin d'année. Suzanne Noël ne s'appelle pas Noël parce qu'elle a une relation avec la fête de Noël. C'est juste son nom de famille.

Alors pourquoi cette femme est assez remarquable? Eh bien, c'est la première femme qui a fait de la chirurgie esthétique en France. Et elle est née en 1878, et elle est morte en 1954. Donc elle a connu le début du XXᵉ siècle et elle a connu les deux guerres mondiales et tous les grands changements, les grandes révolutions technologiques et techniques de cette époque.

Et pourquoi elle a été oubliée? Eh bien parce que c'était une femme. Et malheureusement, beaucoup de femmes dans l'Histoire sont oubliées. Mais aussi parce qu'elle a pratiqué la chirurgie esthétique, et c'est une médecine qui était considérée comme inférieure, qui était moins bien que les autres chirurgies. Mais grâce aux commémoration des 100 ans de la Première Guerre mondiale, donc entre 2014 et 2018, quand on a beaucoup parlé de la Première Guerre mondiale, eh bien on a reparlé de Suzanne Noël. Je vais vous expliquer pourquoi elle était connectée avec cette Première Guerre mondiale.

Donc pour faire sa biographie, il y a des éléments que je ne vais pas vous expliquer parce que c'est trop long, mais je vais me concentrer vraiment sur sa pratique de la médecine et de la chirurgie esthétique. Je vais diviser en trois parties. La première partie de sa biographie et de, comment elle est arrivée à faire de la médecine, alors que c'était une femme à la fin du XIXᵉ siècle. Ensuite, nous allons voir pourquoi sa pratique de la chirurgie esthétique était une pratique très moderne. Vraiment assez visionnaire pour son époque. Et enfin, dans une troisième partie, nous allons voir ses nombreux combats féministes. C'était une vraie féministe et qui a fait beaucoup pour les femmes de son époque. Bonne écoute!

Commençons donc avec sa biographie. Suzanne Noël est née dans une famille bourgeoise de l'Est de la France. Elle a reçu une éducation religieuse et une chose qui a vraiment été important pour sa vie, c'est quand elle s'est mariée à l'âge de 19 ans. Et elle s'est mariée avec un homme qui était un jeune médecin dermatologue. Dermatologue, donc c'est quelqu'un qui travaille sur la peau, les problèmes de la peau. Cet homme s'appelait Henri Berthat [Pertat]. Il était bien plus âgé qu'elle, il avait neuf ans de plus qu'elle. Ils se sont mariés et ils sont allés s'installer à Paris.

Son mari a commencé à ouvrir son cabinet, donc à avoir une "practice" et avoir des clients. Et Suzanne Bertha [Pertat] - à l'époque elle s'appelait Suzanne Pertat- l'aidait beaucoup. Elle aidait son mari dans son cabinet. Et c'est à ce moment là qu'elle a réalisé, qu'elle s'est rendue compte, que la médecine l'intéressait beaucoup, et qu'elle aussi avait envie de devenir médecin. Et quelque chose d'assez exceptionnel, c'est que son mari l'a soutenu, l'a aidé dans ses ambitions. Et ça, à l'époque, c'était essentiel parce qu'une femme qui voulait faire des études, eh bien elle avait besoin de l'autorisation de son mari. Elle ne pouvait pas juste aller à l'université, signer pour une classe, un cours à l'université. Ça, c'était interdit. Il fallait une autorisation de son mari. Ce que Henri Berta [Pertat] a fait. Il a aidé Suzanne à aller à l'université.

Mais donc il fallait qu'elle fasse beaucoup de choses. Il fallait qu'elle passe son baccalauréat. Vous savez, c'est ce diplôme, cet examen très important pour après aller à l'université. Et même à ce moment là, avec son baccalauréat, c'était difficile pour elle de rentrer à la faculté de médecine, à l'université de médecine. Celle de Paris était exclusivement masculine, il y avait seulement des hommes. Et donc ça a été très difficile pour elle d'y rentrer. Elle est rentrée à la fac en 1905, donc elle a commencé déjà avec un handicap. Elle a commencé presque dix ans plus tard que les autres étudiants hommes, parce qu'elle a eu beaucoup de contraintes et de limitations.

Mais très vite, ses professeurs se sont rendus compte que c'était une élève brillante, qui étudiait très bien et qui avait de grandes capacités, de grandes qualités. Et particulièrement son professeur de dermatologie l'a laissée opérer assez vite parce qu'elle montrait clairement une aptitude, une capacité à avoir des gestes précis et très fins, très délicats.

Elle arrive à avoir son diplôme de chirurgienne et donc elle devient officiellement médecin et elle ouvre son cabinet dans son appartement à elle. Elle s'est séparée de son mari, elle s'est mise avec une autre personne qui s'appelait André Noël et donc elle est devenue Suzanne Noël. C'est comme ça que on la connaît maintenant. Ils se sont installés ensemble et elle a ouvert son premier cabinet de chirurgie esthétique dans leur appartement.

Donc tout de suite, en fait, elle a été attirée par la chirurgie esthétique, alors que, à cette époque, c'était une médecine très moderne. Quelques années avant, ce n'était pas possible de faire de la chirurgie esthétique. Parce qu'il y avait beaucoup trop de risques d'infection. C'est seulement à la fin du XIXᵉ siècle, quand les techniques d'anesthésie et les techniques pour désinfecter sont apparues, que l'idée de faire de la chirurgie réparatrice ou esthétique est arrivée. Avant, c'était beaucoup trop dangereux. Il y avait un risque d'une infection et un risque de mourir. Suzanne Noël a montré un grand intérêt pour ça.

Donc, c'est ce que nous allons voir maintenant dans la deuxième partie, que sa pratique de la chirurgie esthétique est une vision très sociale et très féministe.

Alors peut-être que vous êtes comme moi et que vous pensez: Comment ça? Comment on peut dire que la chirurgie esthétique c'est quelque chose de féministe? Moi, ma première pensée quand je pense à de la chirurgie esthétique, je pense à une domination masculine sur les corps des femmes avec des normes de beauté qui sont des normes imposées par les hommes. Et donc je trouve que, au contraire, la chirurgie esthétique c'est quelque chose de très superficiel et qui aide une domination masculine. Et donc quand j'ai entendu que Suzanne Noël faisait de la chirurgie esthétique et qu'elle était féministe, j'ai été très intriguée. J'étais très curieuse.

Eh bien, en fait, elle avait cette idée que la chirurgie esthétique avait un rôle social, et notamment pour les femmes. Parce qu'une femme qui est belle, ou du moins qui correspond à une forme de beauté, eh bien c'est une femme qui a plus de chance d'avoir du travail et donc de gagner de l'argent, d'être indépendante et d'avoir une bonne vie. Donc, elle avait cette idée que la beauté n'était pas quelque chose de seulement esthétique, mais la beauté avait une fonction. C'était pratique d'être belle. De la même manière, ce n'était pas seulement pour les femmes, mais aussi pour les hommes qui avaient peut-être des visages trop fatigués, très marqués et qui pouvaient souffrir de discrimination. Donc pour elle, la chirurgie esthétique était un moyen de lutter -to fight- contre le chômage (donc le fait de ne pas avoir de travail), de lutter contre la dépression, de lutter contre la solitude (le fait d'être tout seul, de ne pas peut être avoir une femme ou un époux) et de lutter contre le harcèlement scolaire, -so the bullying at school.

Donc vous voyez, elle avait vraiment une idée que la chirurgie esthétique, ce n'était pas superficiel, pas du tout! Mais c'était vraiment avec un rôle social.

Alors en introduction, je vous ai dit que Suzanne Noël, elle avait été oubliée, mais on s'est rappelé de Suzanne Noël pendant la commémoration de la Première Guerre mondiale. Parce que pendant la Première Guerre mondiale, c'était une guerre terrible. Il y a eu énormément de blessés, donc de personnes qui ont eu des accidents, qui ne sont pas morts, mais des soldats qui ont été blessés -injured. Et les blessures -injuries- étaient beaucoup au niveau du visage, au niveau de la tête. Et on a appelé ces soldats les "gueules cassées". Donc on pourrait traduire ça par "The Broken Faces". Parce que beaucoup de soldats avaient peut-être la bouche arrachée, un oeil enlevé, le nez qui n'était plus là. Donc c'était vraiment des visages défigurés. C'était très difficile pour vivre après dans la société, pour être accepté dans leur famille, par leur femme, par leurs enfants, par la société en général. Et vraiment, cette guerre a été atroce pour ça. On considère qu'il y avait entre 11 et 14 % des blessés -injured- qui avaient une mutilation sur le visage. Donc il y a eu un nombre de personnes incroyable.

Et pour les médecins de l'époque, pas seulement Suzanne Noël, mais tous les médecins de l'époque, c'était vraiment un laboratoire géant, avec un nombre incroyable de personnes sur lequel ils pouvaient faire des nouvelles expériences, des nouvelles choses pour essayer d'améliorer -to improve- les techniques pour reconstituer, pour refaire un visage. Et la majorité des médecins chirurgiens étaient occupés à redonner des fonctions vitales, donc pour redonner une capacité de manger, de respirer,... Mais pour Suzanne, pour elle, son rôle c'était de redonner un visage humain à ces soldats. Pour qu'ils puissent retrouver une vie, retrouver une place dans la société.

Donc elle, elle s'occupait vraiment de l'aspect physique, pour aussi la santé mentale. Beaucoup de ces soldats, de ces "gueules cassées", de ces visages cassés, se suicidaient. Parce que c'était trop dur de retourner dans une société où clairement, ils n'étaient plus adaptés. Donc Suzanne Noël a vraiment eu un rôle de pionnière dans la chirurgie esthétique pour ces soldats.

De manière intéressante, pendant la Deuxième Guerre mondiale, elle a aussi eu un rôle actif intéressant puisqu'elle a fait de la chirurgie esthétique sur les visages des personnes juives -Jewish- et sur les personnes des résistants. Donc, qui se battaient contre les nazis, pour leur changer le visage et pour qu'ils ne soient pas reconnus, que la police secrète du régime nazi, la Gestapo, ne les trouve pas. Donc elle a vraiment eu un rôle très différent dans les deux guerres, mais elle s'est engagée du bon côté.

Son autre aspect très important, c'est avec les femmes. Je vous ai dit, pour elle, la beauté d'une femme n'était pas seulement pour l'esthétique, c'était vraiment un capital, quelque chose pour qu'une femme reste active, qu'elle garde un travail et donc qu'elle puisse réussir dans sa vie. Par exemple, elle a opéré sur une femme qui avait été renvoyée - she was fired-, parce qu'on lui avait dit qu'elle avait l'air trop vieille - she seemed too old. Elle avait l'air trop vieille et trop triste. Vous imaginez! Maintenant perdre son travail parce que physiquement, on a l'air triste. Moi, ça me paraît fou! Mais à cette époque, c'était possible. Et bien Suzanne Noël a fait une chirurgie, une opération sur cette femme et cette femme a retrouvé du travail tout de suite après. Donc, il y avait un vrai aspect positif. Ce n'était pas seulement pour de la coquetterie, juste pour être un peu plus belle, mais il y avait un vrai enjeu, un vrai symbole pour le travail.

Donc, Suzanne Noël était en fait une féministe pragmatique. Elle voyait la beauté comme quelque chose de pragmatique.

Elle a également beaucoup travaillé avec les personnes pauvres, par exemple des hommes et des femmes qui s'étaient fait mordre par des chiens par exemple, ou qui étaient un peu abîmés par la vie -damaged by life. Et en opérant sur eux, elle leur a redonné une chance d'avoir un travail et de s'intégrer mieux dans la société.

Et ce qui est très intéressant, c'est qu'elle avait une pratique au niveau de ses tarifs, donc du prix qu'elle demandait pour son travail - eh bien, elle avait une pratique assez socialiste. Elle demandait de l'argent en fonction des moyens, des capacités des gens. Donc une personne pauvre ne payait presque rien alors qu'une personne riche payait beaucoup. Oui, parce qu'il faut savoir que Suzanne Noël n'était pas seulement avec les personnes pauvres et les soldats de la Première Guerre mondiale. Elle a également opéré des gens très, très riches et des gens très célèbres. Par exemple, elle a opéré Sarah Bernard, qui était une immense actrice dans le début du XXᵉ siècle. Donc elle avait vraiment une clientèle très éclectique, très différente. Des gens très riches, des gens très pauvres et elle faisait des choses pour le social, elle faisait aussi simplement des liftings et elle refaisait les seins -so the breast of women. Donc des choses que l'on peut considérer comme futiles, pas très importantes. Mais elle faisait les deux.

Suzanne Noël est devenue très célèbre à Paris, mais également dans le monde entier. Elle a écrit un livre en 1926 qui s'appelle "La chirurgie esthétique et son rôle social", et avec ce livre, elle a eu une renommée, elle est devenue très célèbre et elle a beaucoup, beaucoup voyagé pendant dix ans. Elle est allée dans le monde entier pour donner des conférences, pour faire des opérations, pour montrer ses techniques. Et vraiment pour insister, pour expliquer que chirurgie esthétique et social étaient connectés, étaient liés ensemble.

Regardons maintenant notre dernière partie sur son combat féministe. Suzanne Noël était une grande féministe, pas seulement parce qu'elle opérait sur des femmes, comme je vous ai expliqué, mais aussi parce qu'elle était très impliquée dans le droit de vote des femmes, par exemple. Vous savez, on les appelle les suffragettes en Angleterre, aux Etats-Unis, mais en France aussi. C'était des femmes très actives pour obtenir le droit de vote. Avant, seulement les hommes pouvaient voter. Peut-être que vous ne le savez pas, mais en France, le droit de vote des femmes est très tardif. Ça arrive très tard, seulement en 1944. Alors que dans les pays anglo-saxons comme l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Irlande, l'Australie, le droit de vote était dans les années 1920. Donc la France était vraiment en retard. Et Suzanne Noël a été très active pour militer pour le droit de vote des femmes.

Dans cette idée du droit de vote des femmes, elle a été essentielle pour ce qu'on appelle la grève de l'impôt. Ça veut dire que les femmes ne payent pas leurs impôts -their taxes- parce qu'elles considéraient que si elles n'avaient pas le droit de voter et donc de faire partie des décisions politiques, alors elles n'étaient pas obligées de payer leurs impôts. Et ça, Suzanne Noël a vraiment été à l'initiative de cette grève de l'impôt en 1931.

Une autre chose qui a vraiment marqué son féminisme, c'est parce que être médecin au début du XXᵉ siècle, pour une femme, c'était bien sûr très rare et compliqué. Et dans son environnement, dans son milieu, et bien il y avait beaucoup de sexisme. C'était un milieu exclusivement masculin et des hommes ont accusé Suzanne Noël de ne pas être une vraie chirurgienne, de mentir et de ne même pas faire les opérations. Ils ont dit que tout ce qu'elle faisait avec ses photos - parce qu'elle faisait des photos avant son opération et après son opération pour montrer le changement-, et bien des hommes médecins disaient que ces photos étaient truquées, les photos n'étaient pas vraies, que les photos étaient manipulées, modifiées et que, en fait, Suzanne Noël ne faisait pas du tout d'opérations.

Ce qui, bien sûr, n'était pas vrai! Suzanne Noël opérait, et même elle avait du public. Il y avait d'autres médecins qui venaient voir ce qu'elle faisait. Mais donc elle a subi, elle a été victime d'une très grande violence de la part d'autres médecins, hommes qui détestaient voir une femme pratiquer la médecine. Et la médecine esthétique, la chirurgie esthétique en particulier.

Et donc, dans ce contexte de rejet et de critique très forte et de diffamation pure et simple, et bien elle a été très active dans la création d'un réseau de femmes. Un réseau, ça veut dire un "network". Donc d'un réseau de femmes qui s'appelle "Soroptimist". Alors c'est un jeu de mot, c'est le mélange de "sororité", donc les femmes et "optimiste". Et ces groupes "soroptimist" existaient aux États-Unis et Suzanne Noël a créé le premier groupe de Soroptimist en France. Et cette idée, c'est vraiment un club d'entraide pour les femmes. Donc seulement des femmes qui vont s'aider, qui vont s'entraider - to help each other. Donc pas seulement des femmes médecins, mais des femmes qui ont une carrière, des femmes qui font quelque chose avec un métier important et une position importante dans la société.

Ce club existe toujours et il y a toujours une bourse -a grant- pour les femmes médecins qui voudraient se spécialiser dans la chirurgie esthétique. Donc, l'héritage de Suzanne Noël continue à travers ce club de femmes.

Voilà pour ma présentation de Suzanne Noël. Nous arrivons à la fin de cet épisode. It's now time to do a quick summary in normal pace French. Good luck!

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'une femme qui n'est pas très connue, dont on ne parle plus beaucoup et qui pourtant a eu une vie vraiment formidable et un engagement assez incroyable. Il s'agit de Suzanne Noël. Suzanne Noël est née à la fin du XIXᵉ siècle dans une famille bourgeoise, et elle s'est mariée avec un médecin. Et ça, ça a vraiment été décisif dans sa vie puisqu'ils se sont installés à Paris. Lui était dermatologue et grâce à lui, elle a réussi à aller faire des études de médecine. Elle était fascinée et passionnée par la médecine et très vite, elle s'est tournée vers la dermatologie, puis vers la chirurgie esthétique, ce qui à l'époque était vraiment une nouvelle type de médecine. Ça n'existait pas avant. Avant, ce n'était pas possible parce que c'était trop dangereux. Et Suzanne Noël, donc, a ouvert son propre cabinet en 1919 et a commencé à opérer sur des gens.

Ce qui est très intéressant, c'est que la forme de chirurgie esthétique pratiquée par Suzanne Noël avait vraiment une philosophie. Ce n'était pas seulement pour la beauté, mais c'était l'idée que la beauté était en fait un outil très utile pour tout le monde, pas seulement pour les hommes, mais aussi beaucoup pour les femmes. Pour trouver un travail, pour être en bonne santé mentale, pour trouver un conjoint, un partenaire de vie, pour garder un travail. Donc, il y avait vraiment cette idée que la chirurgie esthétique avait un rôle social. D'ailleurs, elle a écrit un livre en 1926 qui l'a rendu vraiment très célèbre. Et suite à ce livre, elle a voyagé dans le monde entier pour donner des conférences et pour opérer devant d'autres gens. Et elle avait cette idée, donc d'une forme de féminisme, mais de féminisme très pragmatique.

Et elle était également assez socialiste puisqu'elle n'était pas motivée par le capitalisme. Elle n'était pas motivée par l'argent. Elle gagnait de l'argent en opérant sur des gens très riches, mais elle opérait parfois aussi gratuitement sur des gens pauvres, juste pour les aider à retrouver une vie plus agréable.

Et enfin, j'ai terminé mon épisode en vous parlant de ses combats féministes. Pas seulement à travers la chirurgie, mais également à travers le militantisme pour le droit de vote des femmes et avec la construction, la création de clubs de femmes pour s'aider entre femmes qui travaillent dans le monde entier.

And now we're back to slow french.

Cette femme, Suzanne Noël, je la trouve vraiment très inspirante et elle m'a vraiment aidée à repenser la chirurgie esthétique. Pas seulement comme un confort ou quelque chose pour des normes de beauté masculines, mais en fait comme une nécessité pour la santé mentale et pour une bonne intégration sociale.

Si son histoire vous a intéressé, et bien il existe un livre. Plus précisément un roman graphique, ou on appelle ça aussi une bande dessinée - vous savez, un livre avec des dessins- qui a été écrit récemment et qui s'appelle "À mains nues" -naked hands. Et qui raconte son histoire. Je vous recommande sa lecture.

Merci beaucoup de m'avoir écouté. Je vous souhaite une très bonne journée et je vous dis à la prochaine. Salut!

Learning tips:

1. Follow the interactive transcript to read as you listen. You can replay a sentence by clicking on it.

2. To work on your speaking skills and pronunciation, try copying what Gaëlle says from time to time.

3. Boost your vocab by looking up words you don't understand: Reverso French - English translator

Look out for these words, and learn them:

  • Attraper un rhume = to catch a cold
  • La chirurgie esthétique = cosmetic surgery
  • Les commémorations = commemorations
  • Un/une dermatologue = a dermatologist
  • La peau = the skin
  • Un cabinet médical = a doctor’s practice/surgery
  • Soutenir = to support
  • La fac (faculté) de médecine = med’ school
  • Désinfecter = disinfecting
  • Un moyen de lutter contre = a way to fight against
  • Le chômage = unemployment
  • Le harcèlement scolaire = bullying at school
  • Un/une blessé/e = an injured person
  • Une blessure = an injury
  • Les « gueules cassées » = the « broken faces »
  • Le visage = the face
  • Défiguré = disfigured
  • Etre renvoyé = to be fired
  • La coquetterie = vanity
  • Un enjeu = a challenge
  • Une clientèle éclectique = an eclectic clientele
  • Refaire les seins = breast augmentation
  • Une renommée = renown
  • Le droit de vote = the right to vote
  • La grève de l'impôt = tax strike
  • Des photos truquées = fake photos
  • Un réseau d’entre-aide = a support network
  • Une bourse = a grant, a scholarship






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