Le Familistère de Guise - utopie sociale ouvrière

Le Familistère de Guise - utopie sociale ouvrière

In this episode, Gaelle talks about a historical place she discovered in the North-East of France, near Belgium: the Familistère de Guise. The only social utopia that was actually set up (and not just dreamed about) and that worked for over a century! You will discover who was behind this idealistic project and what kind of society they hoped to create, in the midst of the brutal 19th century - when the working class was living in indecent and terrible conditions.

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Bonjour à toutes, Bonjour à tous! Bienvenue dans ce nouvel épisode de Languatalk Slow French. Aujourd'hui, le jour où j'enregistre cet épisode, nous sommes en fin août et je viens de rentrer de mes vacances. Je suis allée voir ma famille en France. Et si vous avez déjà voyagé en France et si vous avez conduit sur l'autoroute, eh bien il y a régulièrement des panneaux, -so big signs- qui sont marrons et qui vous donnent des indications, des informations sur des endroits, des lieux culturels, historiques importants le long de la route, le long de l'autoroute. Et pendant mon trajet retour, mon voyage retour entre la France et l'Angleterre, j'ai vu un panneau qui disait: "Familistère de Guise" et le nom m'a beaucoup intrigué. "Familistère" avec le mot "famille" dedans. Je n'ai pas eu le temps d'aller le visiter, mais j'ai fait une petite recherche sur internet et j'ai trouvé ça très intéressant. Et donc j'ai voulu vous le présenter aujourd'hui.

Donc le Familistère, pour résumer, c'est une utopie sociale. Donc c'est la création d'un monde un peu utopique, qui n'existait pas dans la société, qui a été faite au XIXᵉ siècle, donc dans les années 1850. Et c'était une utopie sociale dans le monde ouvrier. Donc avec des gens qui travaillaient dans une usine -in a factory. Donc dans cet épisode, je vais vous parler de l'homme, la personne qui est derrière ce concept, cette idée utopique et idéaliste. Donc je vais vous présenter qui était cet homme. Et ensuite nous allons voir vraiment comment le Familistère était construit, ce qu'il y avait dedans. Et dans une dernière partie, nous allons voir quelle est la réalité maintenant, au XXIᵉ siècle. Qu'est-ce qu'il reste du familistère et ce que l'on peut aller visiter.

Donc commençons avec l'inventeur, le créateur de ce concept. Eh bien, c'était un homme qui s'appelle Jean-Baptiste André Godin. Donc Mr Godin, on peut dire. Son parcours, sa vie est très intéressante parce qu'il vient d'une famille modeste. Modeste, ça veut dire une famille qui n'était pas pauvre, mais qui n'était pas riche, qui n'avait pas beaucoup d'argent. Il n'était pas de la classe bourgeoise, il était de la classe qui travaillait et son père était serrurier. Ça veut dire qu'il travaillait les serrures sur les portes. Les serrures, c'est "the lock", he was a locksmith. Jean-baptiste André Godin, quand il était jeune, donc, il a grandi dans cette famille. Il n'a pas eu une haute éducation. Il est juste allé à l'école. Pas très longtemps, parce qu'à l'époque, l'école n'était pas obligatoire et donc il n'est pas resté très longtemps à l'école.

Et quand il avait 17 ans, il a commencé un long voyage en France pour faire une formation, pour apprendre différents métiers dans le domaine des métaux. Comme son père travaillait avec le métal, pour les serrures, pour les portes, eh bien Jean-Baptiste André Godin a décidé de faire quelque chose de similaire. Donc il a fait un grand voyage en France. On appelle ça un "Tour de France". Bien sûr, pas la compétition de vélo! Mais un Tour de France, c'était pendant deux ans, de voyager pour aller voir différents maîtres ouvriers, donc des gens qui avaient un travail, une compétence spéciale. Apprendre avec eux pendant peut-être quelques mois. Et comme ça, aller d'atelier en atelier -workshop to workshop- pour apprendre différentes techniques.

Pendant ces deux années là, donc entre ces 17 ans et ces 19 ans, il a vraiment vu la pauvreté et la misère du prolétariat. Donc les gens qui travaillent dans les classes sociales les plus basses. Il a vu aussi la différence entre le prolétariat et les classes bourgeoises qui gardaient beaucoup, beaucoup d'argent, beaucoup de richesses, parce que les bourgeois exploitaient le prolétariat. Et quand il est rentré de son Tour de France, il s'est promis de changer les choses. Il s'est promis que si lui, il devenait riche, si lui, il réussissait à devenir bourgeois, eh bien il ferait un gros travail pour changer la réalité, changer la condition de vie des ouvriers, du prolétariat. Et c'est réellement ce qu'il a fait.

Monsieur Godin a commencé à fabriquer des poêles. "Poêles", c'est l'ancêtre du chauffage. Donc c'était un objet où on faisait brûler, on faisait un feu pour ensuite chauffer la maison. Eh bien, Mr Godin a ouvert un atelier de poêle en fonte. La fonte en anglais, c'est "cast iron". Donc les poêles en fonte, c'est "Cast iron stove". Et ça, à cette époque, c'était nouveau. Le métal qu'il a utilisé était nouveau. Avant, il y avait d'autres techniques qui étaient moins efficaces et il a posé un brevet -a patent. Et grâce à ça, il est devenu très riche. Son invention a eu beaucoup de succès, il a beaucoup, beaucoup vendu et donc il est devenu riche.

Et ce qui est très intéressant, c'est qu'il aurait pu garder sa fortune pour lui. Il aurait pu devenir un grand patron comme les autres patrons de cette époque, de cette époque industrielle. Mais il avait beaucoup lu. Et ça, c'est très intéressant parce que je vous ai dit qu'il n'a pas eu une grande éducation. Il est allé à l'école jusqu'à l'âge de huit ans ou dix ans. Il n'a pas fait des études supérieures. Mais il était vraiment très, très intéressé, intrigué. Et donc il a lu beaucoup de livres, beaucoup de philosophies politiques, sociales et donc il a appris beaucoup d'idées dans des livres. Et notamment un livre écrit par un homme, Monsieur Charles Fourier, qui l'a complètement inspiré dans son idée d'une société nouvelle, d'une société plus juste, -more fair-, où le prolétariat ne vivrait pas dans la pauvreté, comme c'était le cas. Nous sommes au XIXᵉ siècle, à cette époque. J'ai oublié de vous dire! Tout ça, c'est dans les années 1840. Les années 1840, c'est des conditions de vie pour les ouvriers qui sont très, très dur et très mauvaises. Et bien grâce à ces lectures et grâce à son humanisme, et bien il a été inspiré et il a décidé de changer les choses à son échelle. You know to his own scale.

Donc d'abord, il a investi de l'argent dans une tentative, une expérience au Texas. Très intéressant. Où une première tentative de phalanstère, donc d'une société où les ouvriers étaient aussi des actionnaires -so shareholders. Et ça, c'était au Texas. Mais cette aventure du Texas a été un échec. It failed. Et monsieur Godin a perdu beaucoup d'argent dans cette histoire.

Mais donc il avait des idées très importantes. Je vais vous faire la liste et on va voir après comment elles ont été mises en place, comment elles ont été appliquées, utilisées en vrai dans son familistère. Les grandes idées importantes, c'était que dans un monde de classes sociales, donc avec les gens très riches, les classes sociales supérieures, les classes sociales moyennes avec la bourgeoisie et les classes sociales basses, avec le prolétariat, et bien il y avait de grandes injustices, de grandes différences. Et que ça, c'était quelque chose de problématique. Il n'était pas d'accord avec ça. Et qu'il fallait donner des équivalents de la richesse au prolétariat. Parce que le prolétariat n'avait pas l'argent pour l'éducation, pour la santé, pour la culture. Et donc il fallait leur donner accès à ces choses là en mettant en commun, en mutualisant. When we chip in all together, c'est plus facile. Alors que les bourgeois, eux, ils ont l'argent pour payer individuellement.

Une autre grande idée, c'était de vivre en communauté, de trouver une harmonie collective. Par exemple, dans une usine, il y a bien sûr les ouvriers, les gens qui travaillent manuellement avec leurs mains dans l'usine. Mais il y a aussi les maîtres d'usines et les chefs, les grands patrons. Et bien l'idée que tout le monde peut vivre ensemble, collectivement, trouver des solutions et être en harmonie, vivre bien ensemble.

Il y avait aussi l'idée qu'il fallait casser cette idée un peu de bourgeoisie et de différence de classe, et donc qu'il fallait que les ouvriers deviennent actionnaires. Actionnaires, c'est un mot intéressant, ça veut dire donc "shareholders". Donc ils devaient être actionnaires de leurs usines et des bénéfices de leurs usines, donc ils devenaient des copropriétaires. Il n'y avait pas seulement UN propriétaire qui avait tout l'argent et qui exploitent les ouvriers, mais tous les ouvriers contribuent, participent à la bonne expérience de l'usine pour que l'usine fonctionne bien. Et ensuite les bénéfices sont redistribués, sont redonnés aux ouvriers eux-mêmes et réinvestis. Réinvestis dans les choses partagées, les choses en commun, par exemple l'éducation, la santé, la culture,...

D'autres principes étaient les principes hygiénistes. À l'époque, au XIXᵉ siècle, on commence à vraiment comprendre la médecine, à comprendre le principe des infections, le principe de la stérilisation, qu'il faut nettoyer les choses, il faut stériliser les choses. Et donc il y a de grandes idées hygiénistes. Et ça donc, il est aussi très imprégné de ces idées, il adopte ces idées là, hygiénistes.

Il a aussi des grandes idées égalitaristes, donc d'égalité entre les hommes et les femmes. Par exemple dans son familistère, les femmes peuvent voter et ça c'est très impressionnant parce que nous sommes donc en 1880, alors que en France, dans la société en général, les femmes ont eu le droit de vote seulement en 1944! Donc c'était vraiment un précurseur. Il était en avance, il était un pionnier -pionier- dans beaucoup, beaucoup d'idées, dans la manière de penser la société, de comment la société pouvait être ensemble.

Et c'était donc quelqu'un qui n'a pas fait des grandes études, mais qui a beaucoup lu et qui a lui-même écrit toutes ses idées, sa philosophie dans des livres. Comme ça, ses idées, encore aujourd'hui, on peut, on peut lire les livres de Mr Godin. Donc des livres théoriques de théories sociales.

Donc comment toutes ces idées qu'il avait, ont été mises en place? Je vous ai dit il est devenu riche avec ses poêles en fonte -stove- et il a décidé donc de construire un familistère. L'idée, c'était de donner des logements, donc des habitations pour les ouvriers de son usine. Ça, ce n'est pas révolutionnaire. On a le même exemple, par exemple aux États-Unis avec Ford. Mais ce qui était très différent, c'était que il voulait construire, donc, dans ces grands bâtiments, comme un petit village qui pouvait vivre ensemble. Et c'était un peu une forme de laboratoire de test pour ensuite voir comment, à grande échelle, à l'échelle de toute une société, on pourrait faire. Et donc dans ces bâtiments, il y a les logements. Mais il a également construit des écoles, un théâtre, une piscine. Donc, avec cette idée en fait, que les ouvriers qui travaillaient dans son usine devaient avoir un confort matériel, physique. Donc les conditions de travail étaient bonnes et les conditions à l'extérieur du travail étaient très bonnes aussi.

Au total, ce Familistère avait 500 habitations pour environ 1500 personnes. Il y avait bien sûr les ouvriers, mais aussi leur femme ou leur époux, les enfants, ... Donc, c'étaient des familles qui habitaient dans ces logements. Et le Familistère a été construit entre 1856 et 1883. Pendant plusieurs années. Et vraiment, les principes clés à l'intérieur, c'était avoir un confort physique et matériel, une harmonie sociale, donc de vivre bien tous ensemble. Et la coopération entre les gens, la solidarité. Et bien tout ça, ça se traduit ensuite concrètement. Donc les ouvriers sont des actionnaires, sont des.. De la coopérative, donc ils ils participent à l'usine. Pas seulement avec leur travail, mais l'argent aussi est redistribué aux ouvriers et ensuite réinvesti dans l'école.

Ce qui est très intéressant, c'est que Monsieur Godin a donné une place très importante aux enfants, alors que, à l'époque, dans la société du XIXᵉ siècle, les enfants étaient considérés, étaient vus comme une force de travail, comme des outils - like tools to work. C'est vraiment fou de penser ça maintenant, mais à l'époque, un enfant à l'âge de dix ans, il pouvait travailler! Alors que monsieur Godin pensait que c'était très important de prendre soin des enfants - take care -, de prendre soin des enfants, de leur donner une éducation. Et ça, c'était aussi dans l'idée que les bourgeois ont accès à l'éducation. Les ouvriers, le prolétariat n'a pas accès à l'éducation. Donc ça, c'est une première clé pour changer la condition des ouvriers. Donc, il a ouvert des pouponnières. Donc, c'était des endroits pour les bébés, vraiment les tout petits. Mais aussi une école maternelle, une école primaire. Et l'école, c'était incroyable, était gratuite, obligatoire jusqu'à quatorze ans. Alors que dans la société, l'école n'était pas obligatoire et gratuite à cette époque là, et elle n'était pas obligatoire jusqu'à quatorze ans, les enfants pouvaient travailler à dix ans. Donc ça aussi c'était très très précurseur, très novateur. Il avait des idées nouvelles. Donc je vous ai dit: école gratuite, obligatoire jusqu'à quatorze ans, mixte! Ça veut dire il y avait des filles et des garçons ensemble. Et laïque. Laïque, ça veut dire que la religion n'était pas dans l'école. Tout ça, c'est très très très nouveau pour son époque. Ça n'existe pas dans la société française à cette époque là.

Pour lui, vraiment, c'était une... L'école et l'éducation, c'était une manière d'émanciper la classe ouvrière, de leur donner accès à des meilleures conditions de vie. Et à la bourgeoisie en fait.

Donc. Grande importance donnée aux enfants. Grande importance donnée au confort. Donc les logements, les habitations pour l'époque étaient très, très luxueuses pour quelqu'un qui était ouvrier. Il y avait des grandes fenêtres pour avoir beaucoup de lumière. Il y avait un grand volume, donc les pièces -the rooms- étaient très hautes sous plafond -had a lot of room under the ceiling. Et ça aussi à l'époque, c'était incroyable pour les ouvriers. Il y avait deux pièces, donc une pièce pour dormir, une pièce pour cuisiner et vivre. Tout ça à l'époque, il faut imaginer que, au XIXᵉ siècle, pour des ouvriers, c'était exceptionnel. Les ouvriers avant vivaient dans des endroits très insalubres, très sale, avec beaucoup de maladies. Et bien tout ça pour Godin, ce n'est pas possible. Il faut donner du confort.

Je vous ai dit, il a aussi des idées hygiénistes. Et donc par exemple, il fait construire un espace pour laver le linge - to the the laundry-, donc pour laver le linge, qui était à l'extérieur des maisons. Parce qu'il ne voulait pas l'humidité dans les maisons. L'humidité, c'est très mauvais pour la santé. Eh bien, il a construit un grand espace commun avec de l'eau chaude. À l'époque, c'était incroyable d'avoir de l'eau chaude pour laver le linge! Dans un espace commun qui était à l'extérieur, pour ne pas avoir de maladies, pour ne pas avoir d'humidité.

Il a aussi construit un théâtre, parce qu'il pensait que la culture, c'était très important pour éduquer, pour faire grandir les classes ouvrières. Il avait même fait construire une piscine. J'ai été impressionnée parce que la piscine est bien "the bottom"= le fond de la piscine, il pouvait bouger. It could go up or down. Et ça, c'est incroyable. C'est parce que les enfants pouvaient aller à la piscine pour apprendre à nager. Et donc, the bottom of the pool would go up. Comme ça, les enfants étaient en sécurité. Et quand c'était le soir, quand les ouvriers avaient fini leur journée de travail, et bien le fond de la piscine descendait et comme ça il y avait une grande profondeur - some depth- et les ouvriers pouvaient aller nager à la fin de la journée.

Donc tout ça, ce sont des idées vraiment révolutionnaires pour son époque et même encore maintenant, de penser que les ouvriers avaient le droit à une éducation, de la culture, du sport, des loisirs, des bonnes conditions de travail, tout ça, c'était vraiment révolutionnaire.

Alors, est-ce que ça a marché? Eh bien oui, ça a marché! C'est assez merveilleux peut-être de voir ça, mais c'est vraiment la seule expérience utopie sociale qui a été appliquée, mise en place et qui a fonctionné.

Malheureusement, elle a arrêté de fonctionner parce que les ouvriers sont devenus des bourgeois et ils ont eu accès à tous les privilèges de la bourgeoisie, et ils ont arrêté de contribuer, de participer à la coopérative et à toutes les grandes idées de Monsieur Godin. Donc, toute cette expérience du Familistère a fonctionné pendant 100 ans. Donc pendant quand même un siècle! Mais avec les ouvriers qui sont devenus des bourgeois et avec aussi la désindustrialisation. Donc quand en France, dans les années 1960-1970, l'industrie est en train de perdre de l'attrait, on a beaucoup de chômage, beaucoup d'usines ferment. Et bien les usines de Monsieur Godin, qui faisaient toujours des poêles, ont été moins compétitives avec la concurrence mondiale. Et donc tout, toute cette expérience sociale s'est arrêtée.

Donc de nos jours, le Familistère existe toujours, on peut le visiter. C'est un musée. Il est en train d'être rénové parce qu'il avait été quand même largement abandonné. Il y a toujours des gens qui y habitent, mais ce sont des appartements privés comme dans d'autres endroits. Ce n'est plus un familistère, ce n'est plus attaché directement à une usine, à une compagnie. Donc l'héritage qui reste, c'est ce musée du familistère que vous pouvez visiter. Ah, j'ai oublié de vous dire dans quelle région c'est! Nous nous situons proche de la Belgique, donc dans le Nord est de la France. Donc on peut toujours visiter le Familistère avec des visites guidées.

L'entreprise de Monsieur Godin, les Poêles Godin existe toujours. Donc c'est une marque qui a survécu. Qui s'est modernisée bien sûr! Elle a eu des moments très difficiles, mais elle est toujours présente. Et donc oui, on peut s'intéresser à cette expérience d'utopie sociale qui moi, personnellement, m'a fascinée. Et oui, je trouve que ça pose des questions sur comment on peut inventer une société différente et ne pas seulement la rêver, mais la mettre en place.

Ok, we are now at the end of this episode. It was a little bit long, so I'm gonna do a quick summary in normal pace French. Good luck.

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un lieu historique qui s'appelle le Familistère que j'ai découvert pendant mes vacances. Sur la route, sur l'autoroute, avec un grand panneau qui annonçait "Familistère de Guise". Le Familistère de Guise est un lieu vraiment unique au monde, pas seulement en France, mais unique au monde, qui est la réalisation concrète d'une utopie sociale pour.. dans le monde ouvrier. Qui a été pensé et mis en place par un monsieur qui s'appelle Monsieur Godin, qui était à la tête d'une entreprise de poêles en fonte et qui est devenu très riche, qui a amassé une grande fortune, mais qui s'était promis dans sa jeunesse de si un jour lui-même devenait riche, de ne pas contribuer à cette... À ces classes sociales qui étaient en lutte, et donc avec une bourgeoisie qui écrase le prolétariat.

Mais il s'était promis au contraire de lutter contre ça et de redistribuer les richesses et d'essayer d'améliorer les conditions de vie des ouvriers. Et c'est ce qu'il a réellement fait. Avec ses usines de poêle, il a en fait, à côté, ouvert des lieux d'habitation qu'on appelle Familistère, dans lequel vivaient les ouvriers. Avec du coup beaucoup d'idées sociales dont il s'était inspiré chez notamment Monsieur Fourier. Charles Fourier. Et avec cette idée d'harmonie sociale, de pouvoir tous vivre ensemble, de faire.., de faire vie commune et de connecter aussi la force du travail avec ensuite une forme de richesse. Ça pouvait être une richesse culturelle, intellectuelle, mais aussi un confort de vie. Et donc de sortir en fait les ouvriers de la misère dans laquelle ils vivaient au XIXᵉ siècle.

Et ce Familistère a réellement fonctionné pendant un siècle, ce qui est en fait une exception dans le monde. C'est la seule... Le seul exemple d'utopie sociale ouvrière qui a vraiment été mise en place et qui a fonctionné. Pas pour toujours. Elle s'est arrêtée. Mais qui a fonctionné. Et malheureusement, effectivement, elle s'est arrêtée pour deux raisons. La première raison, c'est que les ouvriers sont devenus trop bourgeois et donc ça ne marchait plus. Et la deuxième raison, c'est que dans le contexte de compétition, concurrence internationale, de mondialisation et de désindustrialisation, et bien l'entreprise, les usines de Godin, ce sont.. sont devenues moins compétitives. Donc il y avait, c'était beaucoup plus dur de connecter l'usine et un lieu de vie comme ça.

Et donc tout ça s'est arrêté au milieu.. Vers la fin des années 60. Mais de nos jours, donc, c'est un musée qu'on peut aller visiter, qui est donc, je vous disais, dans le nord de la France, Nord-est proche de.. Proche de la Belgique.

And now we back to slow french.

Merci beaucoup de m'avoir écouté. J'espère que cela vous a intéressé. Et c'est vrai que en France, j'aime beaucoup ce principe des grands panneaux sur l'autoroute qui nous interpellent, qui nous donne envie d'aller visiter un château ou un monument aussi unique et improbable que le Familistère de Guise. Bonne journée à vous. Salut!

Learning tips:

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Look out for these words, and learn them:

  • une usine = a factory
  • le monde ouvrier = the working class
  • le prolétariat = proletariat, working class
  • la bourgeoisie = bourgeoisie
  • une famille modeste = a modest family
  • un serrurier = a locksmith
  • une serrure = a lock
  • un atelier = a workshop
  • une formation = a training
  • faire un tour de France = a 2 years training around France for manual labor
  • la pauvreté = poverty
  • un poêle en fonte = cast-iron stove
  • poser un brevet = to apply for a patent
  • à son échelle = at his/her level, at his/her scale
  • un/une actionnaire = a shareholder
  • des copropriétaires = co-owners
  • des bénéfices = profits
  • une coopérative = a co-operative
  • mettre en commun, mutualiser = to pool resources
  • vivre en harmonie = living in harmony
  • les principes hygiénistes = hygienist principles
  • un précurseur = precursor, forerunner
  • un pionnier = pioneer
  • novateur = innovator
  • haut sous plafond = high ceilings
  • laver le linge = to do the washing
  • le fond de la piscine = the bottom of the pool
  • la désindustrialisation = deindustrialisation







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