Lycéens, manifestation et problème dans l’éducation nationale

Lycéens, manifestation et problème dans l’éducation nationale

In this episode, Gaelle talks about the current political events happening in France with secondary school pupils taking the streets. You will understand what they are demanding and why the police response is so problematic. You will also realise that far from being a blip, it’s an ongoing issue across the whole French educational system.

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Transcript of mobilisation des lycéens.mp3

Bonjour à toutes et bonjour à tous! Bienvenue dans ce nouvel épisode de Languatalk Slow French. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de la situation de l'éducation publique en France. Au moment où j'enregistre cet épisode, nous sommes le 12 octobre 2026, et probablement que vous avez entendu parler de la situation dans les lycées en France, so the high schools. Parce qu'il y a beaucoup de manifestations, il y a beaucoup de blocages et il y a de la violence. Donc, probablement que vous en avez entendu parler. Mais ne vous inquiétez pas si vous écoutez cet épisode pas en octobre 2026, mais plus tard, j'ai fait exprès, j'ai bien réfléchi à comment vous présenter le sujet, pour ne pas rester seulement dans ce qui se passe maintenant, mais pour donner une image, une représentation de la situation beaucoup plus globale de l'éducation en France et de tous les problèmes qu'il y a. Donc, ce n'est pas grave si vous écoutez cet épisode à un autre moment, ce sera encore intéressant d'entendre quels étaient les problèmes. Parce que je doute - I really doubt- je doute que tous les problèmes trouvent une solution dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Donc, dans une première partie, Je voudrais vous parler de la situation actuelle. Pourquoi nous sommes en crise en ce moment en France, dans les lycées. Et dans une deuxième partie vous parler de l'historique, parce que ce n'est pas seulement maintenant, en 2026 qu'il y a des problèmes. C'est quelque chose de beaucoup plus ancien. Donc, je ne veux pas seulement vous parler de la situation en octobre 2026.

Mais commençons par ça. Parce que j'imagine que, sur vos médias publics, dans vos télévisions, vous avez vu des images de la France. Et comme d'habitude, ce sont des images sélectionnées pour montrer des choses choquantes, qui sont vraies, mais qui sont peut-être minimes ou à côté, une petite partie. Mais dans les médias, on aime montrer des images qui choquent. Donc vous avez probablement vu des images de poubelles en feu, de choses très violentes comme des tirs de mortier. C'est des choses qui sont très violentes et qui ressemblent un peu à une guerre civile. Donc je voudrais déjà vous redonner un contexte et vous expliquer quelle est la réalité. Parce que les images ne montrent qu'une partie. Et souvent les médias choisissent les choses sensationnelles.

Donc réellement, concrètement, pourquoi nous avons un grand problème en ce moment avec des grandes manifestations et c'est vrai, de la violence en France? Donc, tout a commencé en septembre 2026, dans des lycées. Dans des lycées de la banlieue de Paris. Donc pas dans le centre de Paris, mais à l'extérieur de Paris et dans les banlieues -the suburb- pauvres. Ça a commencé par un lycée où les lycéens, (donc les étudiants dans le lycée, ce sont des jeunes entre quinze ans et 18 ans) et bien les lycéens ont décidé de manifester et de bloquer leur lycée. Donc ça a commencé dans un lycée dans la banlieue de Paris.

Très rapidement, ça s'est propagé- it spread - ça s'est propagé dans les autres lycées de l'Ile de France. L'Ile de France, c'est la région autour de Paris. Et une semaine plus tard, c'est allé dans les autres grandes villes de France: Lyon, Marseille, Grenoble, Nantes, ... Et ensuite c'est devenu vraiment sur toute la France, dans presque tous les lycées. Et il y a eu une convergence des luttes. Donc différents mouvements, différentes personnes se sont mis ensemble pour devenir plus fort et pour faire des demandes. Le mot important aujourd'hui, ça va être le mot "revendications". "Revendications", c'est "demands". Et donc on a eu des grandes, grandes manifestations dans la rue. Pas seulement dans les lycées, mais dans la rue. Avec les lycéens, mais aussi les professeurs et les étudiants de l'université, également les agriculteurs,... Parce que les syndicats -The Unions-, les syndicats ont appelé pour faire des manifestations, pour faire des grèves. Et donc il y a eu des grands mouvements.

Probablement que ces mouvements vont continuer. Aujourd'hui, quand j'enregistre, je ne sais pas quelle sera la conclusion. Mais pour l'instant c'est ça.

Alors pourquoi ces lycéens, ces premiers lycéens ont commencé à faire des manifestations et à bloquer leurs lycées. Bloquer ça veut dire que physiquement, les professeurs et les autres étudiants, les autres lycéens ne pouvaient pas rentrer dans le lycée, ne pouvaient pas avoir des cours, avoir des classes.

Eh bien, les revendications qu'ils ont, so the demands, vous allez voir, elles sont simples. Et en même temps, c'est très triste je trouve, d'entendre que nous sommes dans cette situation en France. Donc un pays riche, un pays très développé et pour autant avec un système éducatif vraiment en souffrance, qui a vraiment des grosses difficultés. Donc je vais vous faire cette liste des revendications pour que vous compreniez bien.

La première chose, c'est qu'il y a trop d'élèves dans les classes. En moyenne en France, en moyenne -on average- il y a 30 lycéens dans une classe. 30, c'est énorme! Si on veut faire du travail de qualité, si on veut bien apprendre, si on veut parler avec le professeur, la professeure, 30 étudiants, 30 élèves, ce n'est pas possible. Et ça, c'est la moyenne en France. Mais en fait, dans les lycées de banlieue, donc dans les lycées les plus pauvres, dans les régions les plus pauvres et les plus difficiles, eh bien en général, il y a 35, peut-être même 40 élèves dans une classe. Donc ce sont des conditions déjà très mauvaises pour bien travailler.

Ensuite, une deuxième revendication, c'est d'avoir des professeurs. Ça paraît incroyable de demander ça, que dans l'éducation, on veut des professeurs. Mais, oui, on est dans une situation où, en septembre 2026, donc, quand la nouvelle année scolaire a commencé, eh bien, plus de la moitié des collèges et des lycées -so senior school and high school - plus de la moitié n'a... Il manquait un professeur, au moins un professeur! Means they started the school year being short of teachers already. Et donc ça, c'est déjà la situation. Et en plus, dans beaucoup de lycée, les professeurs ne sont pas remplacés quand ils sont malades, quand ils partent en congé maternité. Donc quand les femmes sont enceintes, avec un bébé,. Les professeurs ne sont pas remplacés, et particulièrement dans les lycées des régions pauvres, mais pas seulement. C'est un problème national. Et il y avait des témoignages, il y avait des histoires d'une professeur - donc, ce n'est pas les étudiants qui disaient ça, c'est vraiment la professeure de français qui disait: "Oui, je suis partie pour mon congé maternité. Et donc, pendant six mois, pendant six mois, les étudiants n'ont pas eu de professeur de français alors que c'était la dernière année du lycée". Et c'est une année très importante pour le bac, le baccalauréat. So the big exam at the end. Donc voilà, on est dans des situations où il y a trop d'étudiants dans les classes, il n'y a pas de professeurs,...

On a aussi des journées trop longues. En France, c'est normal pour les lycéens d'aller au lycée à 8 h le matin et de finir à 18 h, donc 8 h - 18 h. Ce sont des journées très très longues. Et bien sûr, après, il faut rentrer à la maison et continuer de travailler, faire tous les devoirs, tout le travail pour les jours suivants. Donc ce sont des journées extrêmement longues, trop longues.

Et enfin, les étudiants demandent des conditions matérielles décentes parce qu'on est dans des lycées... (Vous n'êtes pas prêts, vous n'êtes pas prêts à entendre ça!). On est dans des lycées où il n'y a pas assez de tables et de chaises!! Il y a trop d'élèves et donc il n'y a pas assez de tables et de chaises. On parle de choses vraiment la base de la base, le minimum. Et bien il n'y a pas de tables et de chaises. On est dans des bâtiments -so the buildings- qui sont vieux, qui ne sont pas bien entretenus, Il n'y a pas d'argent régulièrement pour réparer les bâtiments et donc il y a des murs qui tombent, il y a des plafonds -the ceilings that are crumbling on the heads of the students - qui tombent sur la tête des étudiants. Réellement! Il y a des vidéos de ça, on peut les trouver très facilement. Il y a des rats. Rat, l'animal qui vit dans in the sewers. Il y a des rats dans les classes parfois. Il y a des problèmes d'humidité. Et on a des situations où en hiver, eh bien dans les salles de classe, il fait parfois huit degrés Celsius! Huit degrés Celsius... C'est comme travailler dehors pendant l'hiver. Et en été, bien évidemment, il fait beaucoup trop chaud. Il fait jusqu'à 37 degrés dans les salles de classe.

Donc on est dans des conditions insupportables -unbearable- insupportables. On ne peut pas travailler quand il fait froid, quand il fait huit degrés. Et on ne peut pas travailler quand il fait trop chaud. C'est impossible. On ne peut pas travailler quand il n'y a pas de table, de chaises, quand il n'y a pas de professeurs, quand il y a trop d'élèves dans les classes. Donc tout ça, ce sont les revendications des élèves. Donc on est loin de revendications superflues. On est vraiment sur des revendications de base, les plus basiques.

Donc les étudiants qui ont commencé ces manifestations ont demandé d'avoir juste des conditions OK, des conditions décentes pour étudier. Donc on est très loin de l'image des étudiants, des élèves qui sont des problèmes, qui sont violents, qui sont dans la drogue, qui sont irrespectueux. Non, là on est avec des lycéens des régions pauvres de Paris qui disent: "Nous, on veut étudier dans des conditions décentes". Et avec vraiment, effectivement, ce problème de: ce n'est pas la même situation dans les lycées du centre ville de Paris. Donc il y a... Les lycées publics hein! Je ne parle pas lycées privés/publics. Mais dans le public, il y a une différence entre les régions, entre les villes. Et les villes pauvres, ont moins de moyens, ont des lycées dans des états terribles. Donc on a réellement une inégalité entre les lycées.

Et ce qui est très intéressant, c'est que les étudiants, les lycéens de ces lycées de la banlieue parisienne, eh bien pendant deux ans, ils ont filmé tout ça, ils ont montré tout ça sur les réseaux sociaux. Donc on a vraiment des preuves. Si vous regardez sur Internet des vidéos, c'est très facile de trouver des vidéos. Et oui, on voit les rats qui courent dans les couloirs, on voit l'eau dans les murs, on voit les plafonds qui sont tombés. Donc c'est très documenté, on a des preuves, c'est très facile de voir. Et effectivement, quand on pense qu'on est en France, dans un pays riche, ça paraît complètement fou de voir cette situation. Et donc ces manifestations ont pris de plus en plus d'ampleur. Elles sont parties de un lycée et ensuite elles sont allées dans toute la France.

Et ce qui est malheureusement un des points importants dans ces manifestations, c'est la violence. Il y a de la violence chez certains jeunes. Certains! Et c'est important la nuance. Parce que les médias montrent des images comme si c'était tous les jeunes, alors que non. Il y a des petites minorités, des petits groupes qui sont là pour casser, et on les appelle les casseurs. Parce qu'ils veulent casser, ils veulent brûler, ils veulent être violents. Et ça, c'est vrai. Et il y a des policiers qui ont été blessés- injured. Il y a des personnels de l'éducation, donc des proviseurs, des professeurs qui ont été blessés aussi. Et ça, c'est une réalité.

Mais de l'autre côté, on a aussi une très grande violence de la police. En français, on dit les forces de l'ordre. Donc ce n'est pas seulement la police, c'est aussi la police et une branche de l'armée. Donc on dit les forces de l'ordre. Eh bien, ils sont extrêmement violents. Et depuis le premier jour, depuis le début, ils ont eu une réponse très, très violente. Et encore une fois, il y a des vidéos qui montrent cette violence et avec des choses très choquantes parce que la police a utilisé des LBD, donc c'est des.. It's like guns, but with plastic bullets. Et on sait que c'est dangereux. Ça ne tue pas, on ne peut pas mourir avec ça, mais on peut être blessé vraiment gravement. You can be really seriously injured. Et c'est la réalité. Il y a des jeunes, il y a des enfants, des adolescents qui ont perdu un œil - they lost a eye. Il y a des jeunes qui ont la mâchoire -the jaw- complètement détruite. Et même, il y a un jeune qui a eu la main arrachée, -so ripped off, his hand was ripped off. Parce que ils ont, les policiers ont utilisé des grenades. Des grenades spéciale, mais dans un contexte urbain, dans la ville comme ça, c'était beaucoup trop dangereux. Et avec des jeunes, on est avec des adolescents! Donc on a vraiment une réponse de la police qui est très, très violente.

Et donc on a, voilà, des deux côtés de la violence. Certains disent que la violence de la police est légitime, elle est justifiée parce que les jeunes sont violents. De l'autre côté, on répond: La police est très violente avec des adolescents et ils augmentent la violence avec leur méthode. Donc la situation est très, très tendue.

Et ce qui est aussi très intéressant et très symptomatique de cette situation, c'est ce que j'appelle la guerre de l'image. On a vraiment un problème de représentation objective dans les médias officiels. Les grands médias, ce sont souvent des médias privés, donc la télévision privée en France. Eh bien, pendant les premières semaines, ils ont montré seulement seulement des images très, très négatives. On voyait seulement des images de poubelles en feu, avec vraiment cette impression de immense tension, de danger, de guerre civile. Alors que c'était vraiment anecdotique. C'était vrai, mais c'était une minuscule partie. Ils ne montraient pas les revendications des étudiants, ils ne montraient pas les manifestations pacifistes, les moments très tranquils et calmes entre les professeurs et les étudiants. Les médias ont été très déstabilisants. Ils ont fait exprès de montrer des choses choquantes et pour vraiment que l'opinion publique, les gens qui regardent la télévision soient contre, disant: "non, c'est inadmissible d'être violent comme ça!".

Alors que de l'autre côté, il y avait tous les médias sur les réseaux sociaux, tous les activistes sur les réseaux sociaux qui montraient l'autre côté. Qui montraient la violence policière, qui montraient les manifestations très tranquilles, joyeuses, avec la musique, qui montraient les professeurs qui aidaient les étudiants.

Donc on a vraiment eu une guerre de l'image très, très évidente, très flagrante - it was so obvious to see that. Et moi, de l'Angleterre, je ne voyais pas les médias français, je voyais seulement les réseaux sociaux. Et c'était très injuste parce que toutes les demandes, toutes les revendications étaient complètement minimisées. Ou juste on ne parlait pas des revendications. Et malheureusement, quand on décrédibilise un mouvement, quand on dit "it's nothing", ou quand on montre seulement les mauvais côtés, eh bien oui, les mouvements peuvent se radicaliser. Parce que on ne les écoute pas, parce qu'on ne pense pas qu'ils sont sérieux. Et donc on augmente le risque de violence.

Donc ça, c'est sur toute la situation actuelle. Je voulais rapidement vous parler du fait que ce n'est pas une situation nouvelle en France. Ça fait longtemps, très longtemps que les étudiants, et particulièrement les lycéens, vont dans la rue. Et ça m'a un peu fait rire parce que quand j'ai parlé de cette situation avec mes étudiants, j'ai eu deux réactions. Une étudiante m'a dit: "Oh mais c'est incroyable, ils sont très jeunes et ils sont déjà actifs, ils sont déjà politisés!". Une autre réaction, c'était : "Oh well, En France, vous avez l'habitude, vous avez des situations comme ça tout le temps".

Donc je voulais un peu reprendre ça. C'est vrai que, en France, nous sommes très actifs politiquement. C'est vrai que nous allons facilement manifester, nous faisons facilement la grève - strike. Ça c'est vrai. Mais ce n'est pas vrai de penser que la situation actuelle avec les lycéens, c'est quelque chose de classique, de normal. Oui, on en a déjà eu. Mais dans cette proportion, avec ce niveau de violence de la police, non. Ça c'est nouveau. Et vraiment, les méthodes de la police, c'est quelque chose de pire en pire - worse and worse- et c'est très documenté. Mais donc oui, les Français vont souvent dans la rue, Les lycéens aussi ont un passif d'aller dans la rue, mais pas de ce niveau là. Ou du moins, la dernière fois que les lycéens sont allés dans la rue et ont été très actifs comme ça, c'était dans les années 90. Il y a eu d'énormes manifestations dans les années 90, mais aussi dans les années 70. Donc c'est vrai, on a un historique. Mais ce n'est pas non plus tout le temps comme ça. Ça, c'est une exagération, ce n'est pas vrai.

Donc, je vous disais que c'est quelque chose d'ancien. Et ce qui est très fou, c'est que j'ai regardé des vidéos d'archives, j'ai regardé des vidéos justement des grandes manifestations de 1990, et c'est absolument incroyable parce que les lycéens qui parlent devant la caméra en 1990, ils demandent exactement les mêmes choses que les lycéens maintenant en 2026. Donc on est 36 ans plus tard et les choses n'ont pas changé. Donc, en 1990, les lycéens disaient déjà qu'il y avait trop d'étudiants dans les classes, qu'il n'y avait pas assez de professeurs et que les bâtiments étaient trop vieux et en mauvais état. Donc c'est fou, on est vraiment 36 ans plus tard, exactement au même point. Les choses n'ont pas évolué.

Et donc j'ai cherché des données concrètes - you know, datas- pour prouver. Et c'est vrai qu'il y a un vrai problème d'investissement. Il y a de moins en moins d'argent donné par le gouvernement central pour l'éducation. On a particulièrement, depuis 2008, avec la crise financière et économique, et bien l'idée qu'il faut faire des économies. L'Etat ne doit pas avoir un budget infini et donc doit réduire les dépenses. Et donc l'éducation fait partie des réductions de dépenses. Et dans les chiffres concrets, et bien en 2026, il y a eu 3000 professeurs, 3000 postes de professeurs qui ont été supprimés. Donc quand les élèves disent il n'y a pas assez de professeurs, il n'y a pas assez de professeurs pour remplacer les professeurs malades, c'est une réalité. Donc on a de plus en plus d'étudiants et on a de moins en moins de professeurs. Et ça, c'est une politique active du gouvernement qui veut faire des économies. They want to save money. Et donc ils suppriment des postes.

C'est complètement fou parce qu'on augmente encore plus la difficulté pour les étudiants et pour les professeurs qui restent. Parce que ce sont des conditions pour les professeurs aussi extrêmement difficiles. C'est des conditions de travail très mauvaises. Donc, on a vraiment un désinvestissement de l'Etat dans l'éducation qui ensuite, en plus, donne la responsabilité aux régions pour dire : "it's not our problem, it's the regions who should pay for that".

Et on a effectivement, objectivement une situation vraiment pire dans les lycées pauvres des régions pauvres. Et donc quand on dit que la France c'est le pays de l'égalité et surtout l'égalité des chances, you know, tout le monde devrait commencer la vie avec les mêmes chances au départ. Eh bien, ce n'est pas vrai. On le sait, la France est un pays inégalitaire et surtout dans l'éducation. En fait, la classe sociale en France va déterminer, va dire les chances de réussite qu'on a plus tard. Parce que les écoles sont moins bien, elles ont moins d'argent, moins de moyens, quand on est dans une région pauvre, avec une forte immigration, que quand on habite dans un centre ville riche. Donc oui, les jeunes, les lycéens ont raison de questionner tout ça.

Ok. It was a bit long. So it's now time to do a quick summary in normal pace French. Good luck!

Alors aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un sujet d'actualité, mais de le montrer d'une manière plus générale, de quels sont les problèmes vraiment fondamentaux. En ce moment en France, il y a d'énormes manifestations des lycéens. Les lycéens donc c'est l'âge.. Ils ont entre 15 et 18 ans et ils ont des revendications très concrètes parce que les conditions d'enseignement, les conditions d'apprentissage sont dramatiques. Il n'y a pas assez de professeurs, il y a trop d'élèves dans les classes, ils ont des journées vraiment trop longues et ils ont des conditions matérielles dramatiques. Parfois, ils n'ont même pas assez de tables et de chaises pour travailler. Parfois, ils doivent travailler dans des bâtiments qui font huit degrés pendant l'hiver. Donc ils ont des revendications qui sont tout à fait valables et qui sont légitimes.

Et ça a commencé ce mouvement, donc en septembre 2026. Ça a commencé dans la banlieue parisienne et très vite ça s'est propagé dans tous les lycées de France. Et maintenant on est vraiment à un moment de convergence avec d'énormes grèves et manifestations que les syndicats aussi ont appelé à faire. Donc les professeurs vont dans la rue, les étudiants des universités vont aussi dans la rue. Et donc là, on est vraiment face à un mouvement de contestation sociale très importante.

Face à ça, le gouvernement n'a pas donné de limites à la police et la police utilise des moyens extrêmement violents qui sont vraiment problématique puisque des jeunes ont été blessés, sérieusement blessés. Des jeunes ont perdu des yeux. Un enfant a perdu une main, a eu sa main arrachée. Donc on est vraiment face à une violence de la police très forte. Et c'est vrai que de l'autre côté, il y a aussi une violence de certains jeunes, des minorités, un petit groupe de jeunes.

Et ce qui est intéressant, c'est que les médias se sont focalisés, se sont concentrés sur cette minorité de jeunes violente plutôt que sur les revendications légitimes, et aussi ne s'est pas concentré sur la violence policière.

Donc ça, c'était la situation en 2026. Et je vous ai rappelé, en fait, que c'est une situation en fait ancienne. Déjà depuis 1990, on avait exactement les mêmes revendications de la part des lycéens. Et que, oui, c'est vrai, en France, les gens ont l'habitude d'être politisés dès le jeune âge et donc c'est normal d'avoir des syndicats étudiants, c'est normal d'avoir des étudiants et des lycéens qui vont dans la rue. Et je vous le disais depuis particulièrement la crise de 2008, la crise mondiale de 2008, eh bien, le gouvernement français a dû faire des économies. Et l'éducation, malheureusement, a été un des secteurs qui a été touché par ces économies. Donc on a réellement moins d'argent investi dans l'éducation et on a réellement moins de professeurs qui sont embauchés. Donc, on a, c'est vrai, une crise et les revendications des lycéens sont complètement légitimes. Mais pour l'instant, le gouvernement n'arrive pas à les écouter.

And now we're back to slow French.

Donc, pour faire une conclusion très rapide, je ne sais pas comment ce mouvement finira. Je ne sais pas si le gouvernement va donner plus d'argent, va augmenter les budgets, mais ce que je sais, c'est que l'éducation en France est inégalitaire. Ça c'est une réalité. Et que l'éducation en France est clairement sous investie. Il n'y a pas assez d'argent mis dedans et qu'on fabrique des inégalités dès le plus jeune âge, dès la maternelle. Donc je pense que les lycéens ont raison de manifester. Sans la violence. Mais quand on a une violence policière en face, c'est très difficile.

Merci beaucoup de m'avoir écouté. Je vous souhaite une très bonne journée et je vous dis à la prochaine. Salut.

Learning tips:

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2. To work on your speaking skills and pronunciation, try copying what Gaëlle says from time to time.

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Look out for these words, and learn them:

  • un lycée = a secondary school / high school
  • un lycéen, une lycéenne = a secondary school pupil
  • une poubelle en feu = a burning bin
  • la banlieue = the suburbs
  • une manifestation = a demonstration
  • se propager = to spread
  • une convergence des luttes = a convergence of struggles
  • des revendications = demands
  • les syndicats = unions
  • un système en souffrance = a system in crisis
  • un congé maternité = maternity leave
  • des conditions matérielles décentes = decent living conditions
  • le plafond = the ceiling
  • insupportable = unbearable
  • superflu = superfluous
  • prendre de l’ampleur = to gain momentum
  • les forces de l’ordre = the police
  • les casseurs = rioters
  • les violences policières = police violence
  • être blessé = to be injured
  • de pire en pire = worse and worse
  • faire des économies = to make savings
  • réduire les dépenses = to cut back on spending







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