Aujourd'hui dans affaires sensibles, le docteur Petio. Il y a eu Landru pendant la première guerre mondiale, il y a Petio pendant la seconde. Dans Paris occupé par les allemands, ce médecin généraliste fait croire à des juifs désireux de fuir la Gestapo, mais aussi à des malfrats en tout genre, qu'il est en lien avec un réseau de passeurs et qui peut les exfiltrer en Amérique du Sud. Mais au bout du chemin, il n'y a qu'un cabinet de torture situé dans les beaux quartiers de Paris. Petio dévalise puis assassine.
On ne reverra jamais ses victimes. Pas de corps, pas de crime. Difficile dans ces conditions de savoir précisément combien de personnes ont fait ce voyage sans retour avec le docteur Pettio. Vingt-sept officiellement, lui en revendique soixante-trois. Mais quel était donc le mobile de ces crimes Les disparitions, les violences arbitraires qui ont frappé Paris tomber sous le joug nazi ont-elles précipité le passage à l'acte d'un médecin au passé psychiatrique et judiciaire déjà chargé L'affaire du docteur Petiot reste aujourd'hui encore assez énigmatique.
Notre invité aujourd'hui Romain Slowcomb, romancier et spécialiste de la période de l'occupation, auteur de Sadorsky chez le docteur Satan, livre apparaître le vingt-six septembre aux éditions Robert Laffont. Affaire sensible, une émission de France Inter diffusée en direct, récit documentaire Eloïse Rambert, rédaction en chef Franck Cognard, chargée de programme Rebecca Donante, réalisation Hélène
Fabrice Drouel, affaires sensibles
sur France inter. 11 mars mille-neuf-cent-quarante-quatre, Paris sous l'occupation rue Le Sueur, seizième arrondissement. Voici madame Marseille. Cette dame habite au vingt-deux de cette rue et madame n'en peut plus. Depuis 3 jours, une épaisse fumée noire s'échappe de la cheminée d'un hôtel particulier, son voisin d'en face au vingt-et-un, l'odeur est abominable.
Alors elle convainc son mari d'aller sonner. Personne. On appelle la police qui se renseigne auprès du concierge, qui habite ici C'est le docteur Petiot, répond le concierge. Marcel Petio, un médecin. Il a racheté cet hôtel particulier il a 3 ans.
Bien, mais où peut-on le trouver ce Petio Au soixante-six, rue Conmartin, dans le neuvième. Son numéro de téléphone, Pigalle soixante-dix-sept 11. La police appelle. Allô, c'est le docteur Petio Oui, bonjour messieurs, quel est le problème Le problème, c'est visiblement quelque chose brûle chez vous. Ah bon, vous êtes entré dans la maison Demande Pettio, très calme.
Ne touchez à rien, j'arrive, je suis là dans un quart d'heure. Bon, mais le quart d'heure passe, pas de Pettio. Pendant ce temps, les curieux s'abrutient dans la rue. On fait intervenir les pompiers, ce qu'ils découvrent est relaté en mille-neuf-cent-soixante-dix-huit dans l'émission d'antenne 2, en savoir plus.
Alerte, les pompiers arrivent, il n'y a personne, ils pénètrent dans l'immeuble, cela vient de la cave et là, un spectacle hallucinant digne du grand guignol les attend, gisant çà et là des cadavres débités et dans un calorifère, des fragments humains qui se consultent.
Une petite pièce, 2 chaudières. Le brasier de la plus grande dont la porte est entrouverte éclaire faiblement la pièce. Sur le sol, il y a un amoncellement de morceaux de corps humain, des cuisses, des troncs, des crabes, même un corps entier découpé dans le sens de la longueur. Un bras pend de l'intérieur de la chaudière, il y a aussi une fosse avec des ossements par la chaux calcinés. Quand les pompiers ressortent, c'est comme s'ils revenaient de l'enfer, pris de canne de toux livide.
Le plus jeune d'entre eux parvenu au niveau du portail vomi. Et soudain, un autre pompier lance aux policiers, il y a du travail pour vous. En effet, il y a là un homme qui s'avance à bicyclette dans les quarante-cinq, 50 ans, brun la peau mate, le regard vif pénétré même. Il va pour franchir la grille. Je suis le frère du propriétaire, parlait-il.
Non seulement on le laisse passer, mais on le laisse même descendre la table avec son mouchoir sur le nez. En remontant, il prend l'un des agents à parti et lui résume la situation en un mousse sur le ton de la confidence. Résistance. La scène est dépeinte dans le film Docteur Pettiot de Christian Challenges sorti en quatre-vingt-dix avec Michel Seraud dans le rôle titre.
Vous êtes un bon français Oui je suis français. Vous êtes au coeur d'une opération clandestine. Tous ces gens qui sont des ou des collabos, des des traites à la patrie exécutés, vous comprenez Et par la résistance Oui. La paisible est menée là-dedans. Des dizaines de patriotes qui risquent pour vous comprenez ça aussi.
Laissez-moi, laissez-moi faire disparaître tous les dossiers.
Bon, on n'a rien vu, d'accord. Pas de problème avec une collègue, bonne chance. Et oui, si les cadavres sont ceux d'ennemis de la France libre, circulez. Et voilà que le bonhomme enfourne vélo et reparle le plus tranquillement du monde. Or, ce n'était pas le frère du docteur Petio, mais Petio en personne.
Et quand le commissaire de la p j arrive sur place, notre homme est déjà loin. C'est le commissaire Massu qui est chargé des enquêtes. Le flic le plus célèbre de France, trente-trois ans de métier au trente-six Quai des orfèvres. Trois-mille-deux-cent-cinquante-sept arrestations au compteur, c'est lui qui inspirera Georges Simeneau pour son mythique commissaire maigret. Autant dire qu'il ne félicite pas les fins limiers qui ont laissé partir le soi-disant frère sans l'inquiéter bien sûr.
Alors Massu fait le tour du propriétaire, descend dans leur rive fausse et fait prendre des photos de la scène de crime. Ces constatations terminées vers minuit, il s'apprête à se rendre à l'adresse connue de Petio, rue Komarta. Il raconte à la radio mille-neuf-cent-cinquante-six dans l'émission Soyez
témoins. Cycliste de la police municipale a porté un télégramme à son chef de la police municipale dans la cour de la rue de avec ordre des autorités allemandes, arrêter le docteur Poitier fou dangereux. Alors au lieu d'aller chez Poitier, j'y suis pas allé. J'ai dit à un inspecteur qui se trouvait là, qui avait été alerté comme moi, qui était de permanence, vous irez demain matin chez le docteur ou comme matin il vous l'invitera à se présenter à mon cabinet ou l'accompagnerait. Le lendemain matin, l'inspecteur m'a dit à 7 heures du matin patron il est parti, il n'y avait personne.
Si les allemands le tiennent pour un fou dangereux, c'est qu'ils ont déjà croisé sa route et qu'ils savent à peu à qui ils ont affaire. En attendant, Petio s'est volatilisé. Mais alors, qui est ce Marcel Petio Il naît en 1800 quatre-vingt-dix-sept à Océère d'un père employé des postes et d'une mère au foyer à la santé mentale fragile. L'enfance du petit Marcel est malheureuse, mouvementée et il manifeste très jeune une tendance à la cruauté. On raconte en effet qu'il mordait au sang sa nourrice et bouillante les chats.
Il se distingue aussi par les brimades qu'il fait subir à ses camarades. Sa famille, ses professeurs le trouve solitaire, sombre, irascible. Il est intelligent, mais il est censé se renvoyer de l'école. En mille-neuf-cent-quatorze, à l'âge de dix-sept ans, il commet son premier larcin. Il force plusieurs boîtes aux lettres et dérobe près de 200 lettres et cartes postales.
Bien que mineur, il est inculpé et le juge demande une expertise psychiatrique. En voici les conclusions déjà à peu préoccupantes.
Son raisonnement moral semble limité. Il paraît n'avoir sur le face et le néfaste, ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, que des données restreintes. Son jugement semble faussé. Aujourd'hui encore, il se refuse à connaître la gravité du délit commis par lui. Dans nos différentes interrogations, il ne paraît pas vraiment ému et ne verse des larmes vraiment sincères que quand il évoque la privation de sympathie et d'amitié familiale dont il semble avoir réellement souffert.
Petito Marcel est un anormal. On relève chez lui des tares héréditaires et personnels qui limitent dans une très large mesure la responsabilité de ses actes.
Alors, mal Marcel Pettiot, il n'en a pas fini avec les psychiatres.
En mille-neuf-cent-seize, la
France bascule dans la grande guerre. Le jeune homme s'engage, l'année bascule dans la grande guerre. Le jeune homme s'engage, l'année suivante, il est blessé au pied par un éclat de grenade.
Or, ce
n'est pas la pire des blessures, mais il végète tout de même des mois dans un hôpital militaire auprès de compagnons d'infortune bien plus amoché que lui. Et c'est là qu'il entame un épisode psychiatrique grave. Il est interné au centre militaire de Fleury-les-Aubraisques près d'Orléans. Une enquête à ce propos en dit long sur le personnage. Il n'hésitera pas à poser la mention docteur Petio, ancien interne à Fleury les Aubrais.
Ah oui, interne, interné, quelle différence. En mille-neuf-cent-vingt, la commission des réformes, qui n'est pas connue pour être spécialement accommodante, le déclare sujet à la psychose mélancolique dépressive, invalide à 100 pour 100 et inapte à tout travail physique et
intellectuel.
Pourtant, revenu à la vie civile, il entame des études de médecine express. Après la guerre, les anciens combattants bénéficient d'un accès facilité et accéléré aux études supérieures. Et à aucun moment, il ne voit ses ambitions professionnelles entravées par ses inquiétant bulletins de santé militaire, non. En mille-neuf-cent-vingt-et-un, la faculté de médecine de Paris lui accorde même sa thèse avec mention très bien. Hello Balla donc médecin à vingt-deux ans.
Sitôt diplômé, il s'installe à Villeneuve-sur-Yonne. La patientèle est au rendez-vous. Il se taille même une réputation de docteur des pauvres. On le trouve moderne, dynamique, disponible jour et nuit et il consulte gratuitement les plus modestes. Il est tellement apprécié d'ailleurs qu'il était lui conseiller municipal d'abord, puis maire en mille-neuf-cent-vingt-six.
Mais à Villeneuve-sur-Yonne où il fut docteur, où il fut maire, son souvenir demeure. On se souvient qu'il fut dans cette maison, le docteur dont beaucoup ont connu la salle d'attente et le cabinet.
On
n'a pas oublié que sa renommée le conduisit à la mairie où certains regrettent son urbanité. Villeneuve est le passé de Petiot, un passé dont on ne sait pas tout d'ailleurs, car les petites villes ont leur
secret. Il subsiste en effet bien des mystères sur les années mille-neuf viennent du docteur Petio. Sa personnalité hors norme devient très vite impossible à ignorer. Il se livre à des lars, des escroqueries ahurissantes presque comiques, surtout pour un notable comme lui. La croix du cimetière et des bidons d'huile de moteur disparaissent.
Un dernier coup tordu le mène devant un tribunal correctionnel qui le condamne à 3 mois de prison avec sursis. Plus inquiétant encore, son passage dans Ione est marqué par 2 décès inexpliqués. Sa jeune bonne entrée à son service avant son mariage avec sa femme Georgette est portée disparue et il se murmure que Petio aurait pu la tuer. Et puis il y a madame Debove, elle est décédée dans l'incendie criminel de Saletry et une grosse somme d'argent lui a été dérobée et on aurait vu Petio roder dans les parages. Mais il n'y a aucune preuve et ses affaires ne seront jamais éclaircies.
Dans ce climat trouble, le passé psychiatrique du docteur Petio ressurgit et la ville se divise entre petit autiste et anti-putiotiste. Mais il parvient pour un temps à préserver son aura. René Lesondés, ancien greffier à Villeneuve-sur-Yonne a bien connu. Toujours dans l'émission de radio Soyez témoins, il témoigne donc en mille-neuf-cent-soixante de la très bonne opinion qu'avait de lui cet homme comme tant d'autres d'ailleurs.
C'était un très très bon camarade, très serviable et toujours très bavard n'est-ce pas et qui est intrigué toujours dans ses conversations et on avait beaucoup de plaisir à converser avec lui.
Toujours le mot pour rire.
Toujours, il était évidemment très populaire et très populaire.
Très populaire, ça il n'y a pas d'erreur. Mais on n'aurait jamais pu croire que par la suite évidemment il aurait la vedette de crimes aussi monstrueux.
Mais pourtant du temps qu'il était maire, il avait déjà eu des histoires.
Oui mais vous savez quand on se mêle de politique et qu'on est maire, les ragots dans les petites campagnes surtout n'est-ce pas sont plus ou moins bien fondées.
De quoi est-ce qu'on l'accusé à ce moment-là
De quelques assassinats s'il vous faut.
Oh non on l'accusé de vol de bidon d'huile, de vol de courant électrique enfin un tas de choses n'est-ce pas plus ou moins vrai
et de disparition de certaines personnes qui l'avaient
accusé d'avoir tué sa bonne, mais enfin, à
ce moment-là, vous ne croyez pas un mot les ragots qui se
répandaient sur son compte Non, je ne le croyais pas, il était très serviable. C'est le moins qu'on puisse dire.
Mais au début des années 30, Petitot finit par tomber. Il est d'abord démis de ses fonctions de maire suite à une enquête du trésor public qui met en lumière d'une gestion catastrophique de la commune. Alors ça commence à faire beaucoup, mais ça ne l'empêche pas et ça n'empêche pas, l'île ne vient de l'élire 3 mois après conseiller général. Au bout du compte, c'est une énième affaire de vol qui a raison de sa carrière politique. Cette fois, il est accusé d'avoir détourné le courant électrique pour son usage personnel.
Sa vie à Villeneuve-sur-Yonne devient alors impossible, il est temps d'aller respirer un autre air. Bien, ce sera dans une ville à la hauteur de ses ambitions, Paris. En mille-neuf-cent-trente-trois, Petio monte donc à la capitale avec femme et enfants. Il s'installe au soixante-six, Rico Martin. Pour se faire connaître en tant que médecin, il bourre les boîtes aux lettres du quartier d'un prospectus publicitaire délirant.
C'est bien simple, c'est un mage. Oui, venez chez le docteur équipé de machines sensationnelles au nom compliqué, il guérit tout. Et bien ça marche, la clientèle afflue. En mille-neuf-cent-trente-six, de nouveau le. Entendu après le vol d'un livre, il apparaît suffisamment déséquilibré pour faire l'objet d'un nouvel examen psychiatrique, puis d'un internement d'office.
Et pour la première fois, un psychiatre s'intéresse vraiment à l'ensemble des antécédents judiciaires et médicaux de Pettio. L'expert de l'hôpital Sainte-Anne a l'intuition d'avoir affaire à un personnage dépourvu de scrupules et de morale dont on pourrait bien entendre parler de nouveau. Mais personne n'envisage de lui enlever son permis d'exercer la médecine. Alors les affaires reprennent. En vérité, le vrai fonds de commerce de Petio, c'est la drogue.
Et c'est connu dans tout Paris. Petio fait des ordonnances de complaisance aux toxicomanes. Alors entre ses activités suspectes et son passif et son passé douteux, ils se confondent les 2, la police le garde à l'oeil avant éventuellement de le garder à vue. Mais le bruit des bottes se rapproche. Quand Paris passe sous le joug allemand, Petio se sent pousser des ailes parce qu'il se dit, la police a autre chose à faire que de surveiller le médecin véreux de la rue Co-Martin.
C'est son moment.
Nous sommes maîtres de la terre, nous nous croyons des presque dieux et pas le nez dans la prière, qu'est-ce que nous sommes Des pouilleux, des là où les oiseaux qui nous voient tout petits, tout petits, tout l'on invente des drapeaux, on met des couleurs aux chemises, sous la chemise y est la peau. Et là, oh, les doigts d'eau qui nous voient tout petit, si petit, les corbeaux qui nous voient tout petits, qui petits, tourneraient comme des fous. Et crient à nous, à nous. Et pourtant, les filles sont belles, il y a du beau soleil dehors. Pourquoi se causer la cervelle Au diable doux, vivons d'abord.
Vous écoutez affaires sensibles sur France Inter, aujourd'hui le docteur Potion. Affaire sensible, Fabrice Drouelle. À Paris comme à Villeneuve-sur-Yonne, le docteur Potiot passe aux yeux de beaucoup pour un personnage recommandable, voire agréable. Monsieur Auguste par exemple, patron d'un café de la Reco-Martin où le médecin exerce, le décrit au micro de Jacques Pradel sur France Culture, comme un docteur au-dessus de tout soupçon doublé d'aimaimables clients.
Il ressemblait à quoi physiquement
bien vous savez il était pas d'aspect formidable, il était, il avait un physique un peu anguleux, un peu anguleux oui, mais il était doux à causer. Des fois il se peut trop qu'on pourrait prendre un verre on causait comme ça j'étais très surpris après quand on a appris tout le sport rien ce temps-là laisser prévoir qu'il aurait pu faire ça moi moi-même parce qu'il était il était calme il était calme
Et l'histoire maintenant va prendre un autre ton. Voici Joachim Goshinov, c'est un autre voisin du docteur Potion. Il habite au soixante-neuf, il est fourreur de profession, il vit dans la peur. Et pour cause, ce monsieur est juif et voit ses conditions de vie se dégrader au rythme des ordonnances antisémites édictées par l'occupant et sûr le régime de Vichy. Depuis mille-neuf-cent-quarante, la loi l'oblige à mettre l'écriteau entreprise juive sur sa vitrine.
L'heure est à la persécution et au rafle. Bushinov cherche un moyen de quitter la France. Fin quarante-et-un, il s'ouvre de son projet au docteur Petio. Il le consulte. Il ne connaîtra pas un moyen de se sauver.
Alors Petio l'écoute, hésite. Et puis, si en effet, il peut l'exfiltrer en Argentine contre une enveloppe de vingt-cinq 1000 francs, ça ne se refuse pas.
Donc
rendez-vous est pris, non pas à l'adresse habituelle de Petito, mais au vingt-et-un, rue le soir, où le médecin vient d'acheter un hôtel particulier, ce sera plus discret. Alors il donne ses instructions, que le candidat à l'exil vienne avec ce qu'il a de plus précieux histoire de survivre une fois qu'il se rend en Amérique du Sud quand il met les pieds dans le seizième arrondissement Iwaking Gushinov se croit sauvé Mais l'adresse du docteur Pettio n'est pas la gare de départ tant espérée, non, c'est un terminus. La femme de Gushinov, qui devait le rejoindre en Argentine, ne reverra jamais son mari.
Est-ce
que Guccio va involontairement inspirer à Petiot son projet criminel En tout cas, le fourreau de la Rico Martin est la première victime qui lui est attribuée. Mais il faut croire que Petitouet prend goût. Au fil des mois, la liste des juifs candidats à l'exil qui disparaissent après leur visite rue le sueur s'allonge. Tous s'y rendent avec leurs biens, leurs économies. Persuadés qu'ils touchent du doigt la promesse d'une vie meilleure, le bouche-à-oreille a fait son oeuvre.
En mille-neuf-cent-cinquante-six, Iriane Carran, juive d'origine roumaine, raconte comment elle approche celui qui se présente comme son sauveur.
Un médecin de mes amis est venu un jour me dire qu'il avait entendu qu'un médecin faisait partir les gens à l'étranger pour se sauver des allemands. Donc j'ai demandé à faire la connaissance de ce médecin. Donc le docteur de mes amis m'a présenté à un jeune homme qui connaissait ce médecin et il m'a amené dans un café rue de Troncier pour me présenter un homme qui s'avérait être après le maquilleur de là, nous sommes allés chez le coiffeur rue de Mathurin. M'a donc présenté le docteur Eugène. Je ne connaissais pas d'autres noms et il m'a posé plusieurs questions.
Je lui ai dit que je voulais partir pour différentes raisons, que j'avais peur que les Allemands qui m'ont déjà cherché 2 fois. Et alors il m'a demandé si j'étais pressé pour partir, j'ai dit oui beaucoup, très pressé.
C'est un véritable réseau que décrit Ariane Graham, Très vite, Petio commence à voir les choses en grand. Il dégode 2 rabatteurs qu'il met au service de la filière du docteur Eugène. Oui, docteur Eugène, c'est le prénom qu'il s'est trouvé pour ses activités criminelles. Quant à ses loisirs, il s'appelle Charles Fouruyer, coiffeur en rue de Mathurin et Edmond Pintard, maquilleur de cinéma et ancien chanteur de music-hall. 2 piliers de bar qui connaissent énormément de monde et dans tous les milieux.
Le pari de l'occupation grouille de personnes de ce genre et d'autres qui donneraient tout pour disparaître. La filière du docteur Eugène ne s'adresse pas qu'aux juifs aux abois, le et le maquilleur passent la capitale au peigne fin, pour trouver toutes sortes de bons clients pour le médecin pourvu qu'ils soient riches. Ainsi le vingt-et-un de la rue le soir devient également la dernière adresse de malfrat désireux de se faire oublier de la guest ou de la police française, c'est selon ou encore de prostituées de leur proxénète. Tout porte à croire que Pettio liquide aussi plusieurs toxicomanes sur le point de le faire plonger pour trafic de stupéfiants. Avec ses victimes, Marcel Pettiot a une méthode bien rodée.
Une fois l'accord conclu, il se retrouve rue le soir, le soir. Les visiteurs peuvent s'étonner du bric-à-bras qu'il trouve dans l'entrée de la belle maison bourgeoise. Oh, ne faites pas attention, leur dit Petio, tout cela n'est que transitoire. Oui parce qu'ils pensent à monter une clinique bientôt et ils les invitent à rejoindre le cabinet de consultation. Le départ est bien pour ce soir, les passeurs ne vont pas tarder à arriver.
Mais avant, avant ils doivent les vacciner oui, parce que sans carnet de vaccination, un jour impossible d'entrer en Amérique du Sud. Mais dans la seringue, il y a un produit qui met les victimes dans un état second. Toujours en mille-neuf-cent-cinquante-six, le commissaire Massu donne une description de ce sinistre cabinet.
Il avait un petit cabinet de réception si vous voulez avec fauteuil, très gentil, très propre Et après les avoir consultés, ils devaient leur dire pour ça, c'est la force de la pièce de la cour à pauvreté. Il y avait une grande porte à double battant avec un bouton. On aurait cru que c'était, on allait pénétrer dans une salle. C'était une double porte collée, collée sur le mur. Il n'y avait rien derrière.
Il y avait un bouton, un bouton qui ne solait pas bien entendu. Alors ils étaient en mur et la dernière, il fait sa porte, car la porte de son cabinet, elle était capitonnée, il y avait une seconde porte, n'est-ce pas, il y avait 2 portes, on ne pouvait pas entendre ce qui se passait.
Les victimes sont effectivement conduites dans un minuscule des bars de forme triangulaire sans fenêtre, au mur insonorisé et dont la porte ne s'ouvre pas de l'intérieur. Mais que subissent-t-elle une fois emmurée Peut-être succombe-t-elle leur injection, à moins que Petio ne les gaze, oui, dans un parallèle involontaire et terrifiant avec les méthodes nazis, car un trou du diamètre d'un tuyau sera retrouvé à côté de la serrure. Toujours est-il que Petio assiste à leur agonie par un Judas. Est-ce qu'il y trouve un plaisir sadique Ou est-ce qu'il se comporte en inspecteur des travaux finis sans affect Allez savoir. En tout cas, les corps finissent à la cave dans la chaux.
Mais l'existence et l'efficacité de la filière hydrogène finit par remonter aux oreilles de la Gestapo. Au printemps quarante-trois, le médecin est arrêté. Pendant 7 mois, il subit les pires tortures avec un stoïcisme qui impressionne. Il n'avoue rien et pour cause, il n'y a rien à avouer, ni réseau de résistance, ni filière d'exfiltration. En janvier quarante-quatre, il est libéré et il reprend ses activités et cette fois avec plus d'empressement.
Pour faire disparaître les cadavres, il entreprend de les brûler dans sa chaudière. On connaît la suite, au printemps quarante-quatre, l'insupportable odeur qui s'échappe de ses cheminées donne l'alerte, le charnier est découvert, Petio, lui, prend la tangente. Le commissaire Massu se lance donc sur ses traces pendant que la presse fait ses choux gras de cette affaire et de celui qui est désormais surnommé docteur Satan. Massu se rend dans la région d'origine de Pettio dans l'Yonne. À Auxerre, il arrête Georgette, sa femme et Maurice son frère qui, on va le découvrir, a fait livrer des kilos de choux chez Petiot à Paris.
Et puis chez un ami de la famille, le commissaire fait une découverte intéressante. Quarante-neuf valises ayant appartenu aux victimes. Dans ces mâles, des vies entières, quatre-vingt-dix robes, vingt-huit complets d'hommes, cinquante-sept paires de chaussettes, cent-quatre chemises, dix-huit manteaux entre autres. D'autres effets personnels sont également dans la cour de la rue le soir. De quoi donner une idée aux enquêteurs du nombre de victimes, mais aucune trace d'argent et d'objets de valeur.
Le docteur Pettio s'est certainement fait la belle avec le magot. Voilà, les semaines passent ainsi que les mois et le médecin est toujours introuvable. Que fait la police La hiérarchie du commissaire Massus impatiente comme il le raconte non sans humour.
Il y avait des radiesthésistes, alors on le disait mort dans le nord, des avis vivants dans le sud, et caetera. J'ai été convoqué à l'inspection générale des services qui m'a demandé, mais enfin vous Massu comment ça se fait pour un et caetera. Je ne l'ai pas, qu'est-ce que vous ne l'avez pas. Si j'ai une affaire au lieu de critiquer le personnel pour le féliciter, j'ai une affaire, vous avez tout là dedans chez la femme, le frère, il y a tous les intermédiaires qui ont été arrêtés alors j'ai attendu, j'ai dit mais je ne l'ai pas petit, je ne l'ai pas.
En réalité se cache sous une fausse identité. Le voilà maintenant dans le costume de résistant, le costume seulement. Sous le pseudonyme de capitaine Valérie, il se fond dans les rangs des insurgés de Paris. Voilà donc Petio désormais barbu sur les barricades, brassards tricolores au bras. Après la libération de Paris, il rejoint les rangs des FFI, force française de l'intérieur et il est affecté à la caserne militaire de Reilly où il exerce la fonction de commissaire instructeur chargé de l'épuration et bien sûr avec beaucoup de zèle.
Bref, tout va bien pour lui d'ailleurs. Il aurait pu garder cette planque longtemps si son impulsivité ne lui avait pas joué des tours. Le 10 dix-neuf septembre
quarante-quatre, en effet, paraît
dans les pages du journal Résistance, un article au titre volontairement provocateur, Petio, soldat du Reich. Dans son papier, le journaliste Jacques Lyonnais se fait l'écho de
rumeurs persistantes. Le docteur Petio
aurait fait preuve de complaisance Le docteur Petio aurait fait preuve de complaisance envers les allemands. Dans l'émission de radio, Un homme en liberté en mille-neuf-cent-soixante-trois, le journaliste raconte les faits inattendus de cet article.
Et cet imbécile de Petio prend la mouche, il me fait parvenir une lettre ignorant mes doubles fonctions de journalistes et de membres de la sécurité. Tout serait trop long à raconter ici grâce à la lettre où il disait avoir tué tant de gens surtout des juifs seulement pour le compte de la résistance, ce qui était tout de même
un peu fort, ça a
perdu. Petio Furybart, comment ost-on l'attaquait ainsi, lui qui a toujours servi la résistance et tuait seulement des juifs collabos La dite rédaction croit d'abord à Ganular. Mais non, l'analyse graphologique et formelle, c'est bien Petio qui a écrit la lettre au journal. Alors bon, on le bat de combat à la p g. Le journal ne tirait qu'à peu d'exemplaires et il n'est diffusé que dans Paris et ses environs.
Donc, ça veut dire que Petio ne va pas être bien loin. Dans sa lettre, il se vante également de son rôle beaucoup plus actif, dit-il, dans la résistance. Une enquête est donc menée au sein des FFI. Les écritures des nouvelles recrues à des postes à responsabilité sont systématiquement comparées à celles de Petio et de là, pas de doute, le capitaine Valérie, c'est Petio. Le trente-et-un octobre mille-neuf-cent-quarante-quatre, 7 mois après la découverte du charnier, il est appréhendé à la sortie du métro Saint-Mandé.
Et dans ses poches, on trouve un revolver, de l'argent et toute une collection de pièces d'identité. Le dix-huit mars mille-neuf-cent-quarante-six s'ouvre le procès de docteur Satan. C'est le premier à être aussi médiatisé en France. Dans son édition du dix-sept avril mille-neuf-cent-quarante-six, le Figaro le désigne comme l'un des plus grands de l'histoire criminelle, pas moins. Et certains reporters à l'époque qualifient le prévenu de plus grand criminel des temps modernes.
Il faut croire que le crime garde une fascination. Dans le monde entier, le docteur Petio fait aujourd'hui autant de bruit que n'a guère le fameux Landru et qui était Landru à côté de Petio qui selon l'accusation compte vingt-sept victimes et selon sa propre comptabilité soixante-trois. Aux assises, devant le décor des soixante-douze valises volées aux morts, l'avocat général monsieur Dupin, l'accusé et son défenseur maître Florian se disputent la tête de celui qui tour à tour violent, ironique, amer, plaisant ou méprisant, joue avec fureur son rôle de vedette du crime. Pour donner à l'affaire son vrai jour, la cour s'est déplacée rue Los-Mur jusqu'à la maison du crime qui pour la première fois depuis 2 ans a ouvert ses portes. Petio, menottes aux mains, y refait le chemin que Pierre Naguère s'est victime lorsque cherchant une sortie hors de France, elles ne trouvèrent que l'entrée d'une tombe.
Petio n'est pas gêné, ces criminels de classe sont de bonne compagnie. Petio est un monstre.
Petio revendique soixante-trois victimes. Alors faire profil bas, pas du tout, pas son genre, au contraire dès le premier jour, il fait de la salle d'audience son théâtre. Les yeux profonds et vifs, largement cernés de noir, sa mèche brune sur son fond haut et son air bravache sont capturés par les photographes. Et durant les 15 jours de ce procès, ce sont 1000 et une facettes de sa personnalité hors norme qui s'exposent devant les jurés. Il peut les charmer, les faire rire, plein d'esprit, facétieux, tantôt debout pour se défendre avec panache, il peut sombrer dans une sorte de léthargie indifférente ensuite affalé sur le banc des accusés, voire s'endormir, comme si les débats ne le concernaient pas.
Quant au mobile de ses crimes, sa ligne de défense ne bouge pas d'Aiota, il n'a tué pour la France que des nazis ou des collabos. Je ne suis pas un assassin, je suis un exécuteur, explique-t-il à la cour. Son avocat, maître René Floriot, ténor du barreau de l'époque, ne plaide pas la folie. Non, il suit son client dans sa version des faits. Le bon docteur a assassiné, certes, mais pour la bonne cause et tant pis sur le pyjama du petit René Kneler, disparu avec ses parents, retrouvé dans l'une des valises, met à mal son argumentaire.
À l'issue de 7 heures de plaidoirie de maître Florian, le verdict tombe sans surprise, Marcel Petio est condamné à mort. Le vingt-cinq mai mille-neuf-cent-quarante-six, le jour de son exécution, l'avocat général vient réveiller le condamné à l'aube comme le sinistre cérémonial le prévoit. Et bien elle se fait vertement recevoir par Pettiot qui dormait du sommeil du juste et qui lui dit tu m'emmerdes. En mille-neuf-cent-soixante, le directeur de la prison de la santé se remémore, l'attitude des condamnés marchant vers la guillotine et allant croire, le docteur Petio affiche très vite bonne humeur et décontraction.
Est-ce qu'il
y en a un qui vous a particulièrement impressionné
Oui je me souviens d'un médecin tristement célèbre. Il avait des yeux qui jetaient le feu. Il impressionnait tout le monde et personne n'aimait à bavarder lui. Il avait peur de mourir et pourtant le jour de son exécution, il souriait à tout le monde, à toutes les personnes présentes alors qu'on le conduisait à l'échafaud.
Vous en avez gardé le souvenir
J'en ai gardé un souvenir, il était aussi à l'aise que dans un salon.
Avez-vous une dernière déclaration à faire Pettio Lui demande-t-on pendant qu'on coupe son col de chemise. Oui, je suis un voyageur qui emporte ses bagages. Dans ses bagages, le docteur Petito emporte surtout beaucoup de questions sans réponses et de mystères irrésolus. Vous écoutez affaires sensibles aujourd'hui, le docteur Petito dont nous parlons avec notre invité Romain Sleoconde. Bonjour.
Bonjour.
C'est auteur de roman noir, spécialiste de la période de l'occupation. Alors j'ai entré les mains un livre que je n'ai pas eu le temps de lire puisqu'il va sortir le vingt-six septembre, j'ai eu livraison ce matin, c'est votre dernier livre, Romain Lecon, il s'appelle Sador qui chez les docteurs Satan. Et puis alors Robert Laffont qui est un éditeur habile, a mis un bandeau qui dit sur le livre l'affaire Pettiot comme vous ne l'avez jamais vue. Alors comment l'avez-vous vu, vous, cette affaire Pettiot qu'on ne l'a pas vue comme ça, nous.
Bien, j'ai lu pratiquement tous les bouquins qui ont été écrits sur lui parce que régulièrement, il y a eu des des livres sur lui dont dont un tout récemment vous aviez fait venir Claude Quetzel ici sur le, avec son effrayant docteur Pettio. Je moi-même j'ai un personnage récurrent qui s'appelle l'inspecteur Sadorsky. Sadorsky oui. Qui donc là on en est au septième volume et qui qui est une sorte d'anti-héros parce que c'est un personnage très antipathique et c'est à travers ses yeux finalement qu'on que je fais revisiter aux lecteurs toute cette période de de l'occupation et puis à un moment donné forcément il allait croiser le chemin du du docteur Pettiot et sur lequel j'avais beaucoup de de donc ces livres m'arrivaient petit à petit chez des bouquinistes et caetera, je veux dire c'est bizarre, tiens encore un livre sur Petito, allez je l'achète, peut-être c'est un signe du destin qu'un jour j'écrirai sur sur Petito et effectivement on arrive à une période qui est celle de l'épuration et c'est comme c'était très très bien raconté par vous tout à l'heure le moment où Petio va être va être arrêté alors qu'il est lui-même lui-même épurateur et j'ai imaginé pour mon mon roman que Sadorsky qui dans un épisode précédent a été arrêté par les Allemands lui aussi soupçonné d'être un résistant alors qu'il ne l'est pas du tout et qu'il aurait partagé pendant quelques semaines la cellule de Pettio à frêne et donc il le connaît et il est capable de l'identifier physiquement.
Dis donc ça montre aussi que Petio lui-même est un excellent personnage de roman même si lui s'inscrit dans la la réalité, il y a peut-être quelque chose de de naturel de le mettre dans un roman finalement.
Oui parce
que c'est un personnage formidable enfin c'était, il a fait un triomphe à son procès, c'est quand même un personnage totalement hors norme, vraiment. Et puis, tellement que je je je me sentais quand même obligé de lui être fidèle, c'est-à-dire de de montrer pas n'importe qui, pas pas un espion nazi, pas un personnage de fantaisie, pas un serial qui a l'air d'opérette, mais je me suis rapproché le plus possible du véritable et pour ça on a des sources finalement très très très très utiles. Par exemple on a entendu son son ami de jeunesse René Nezondé tout à l'heure, Nezondé connaissait très très bien Petio, il allait dîner chez régulièrement chez lui et caetera et il a, il nous parle dans son livre parce qu'il a écrit un livre, un des premiers livres sortis sur Petio en dix-neuf-cent-cinquante s'appelle Petio le possédé, ce titre offre d'ailleurs des des clés sur la personnalité de de Petio et il nous présente un Petio finalement plutôt rigolo, un bon vivant et puis un grand grand lecteur de romans policiers et au point qu'il y en avait des partout dans la maison et que aussi un fan de cinéma de gangster, de films de gangster américains et que régulièrement presque tous les soirs il emmenait sa petite famille femme enfant et René Nezonvé au cinéma et comme il était extrêmement pingre, il était il avait fait une fortune sur le dos de ses victimes mais en même temps il était extrêmement radin et il faisait payer la place par son copain.
Alors justement le mobile de ces crimes pour vous c'est l'argent et rien que l'argent
Je pense que c'est principalement ça. À la base de sa personnalité évidemment il y a quelqu'un totalement amoral et puis de traumatismes de de de d'enfance et tout, mais c'est quand même quelqu'un qui assez rapidement a pris l'habitude de de d'escroquer, de de manipuler, pour lui il n'y a pas de petits bénéfices, ça peut être faire un des gains pour l'électricité de sa maison en en truquant les branchements et en même temps insisté énormément sur sur le fait que c'est les juifs en particulier qui sont ses principales victimes qu'ils emmènent le plus d'argent possible dans les valises, ils leur disaient oui la vie va vous coûter cher vous savez à Buenos Aires, c'est emmenez tout, réalisez vos valeurs vos actions, vendez tout, mettez tout vendez tout, mettez tout dans les valises, venez avec, on s'en occupe du transport, et caetera.
C'est là, c'est là qu'il prend un autre visage quand je je lisais l'histoire change de ton à partir du moment où il s'en prend à à des juifs. On est dans une autre dimension là, je ne sais pas si loin.
Oui oui tout à fait et c'est c'est une des raisons auxquelles pour lesquelles je voulais aussi utiliser ce personnage, c'est qu'il est très très représentatif finalement de la spoliation des juifs. C'est-à-dire que vous avez sous l'occupation une catégorie sociale relativement minoritaire d'ailleurs qui se retrouve tout à coup privée de tout, de droit, droit de travailler, et caetera. Beaucoup beaucoup d'étrangers qui affluent, Daryl s'est surtout attaqué à des juifs qui venaient d'Allemagne. Et ces gens-là finalement tout le monde en profite, c'est un peu comme de nos jours les passeurs qui profitent des gens qui essaient de gagner l'Europe, c'est-à-dire que tous ces gens vont faire de l'argent et les juifs évidemment c'est on les est toujours payés plus parce qu'ils étaient prêts, ils sont riches, ils ont l'argent caché, c'est des juifs. Donc ils étaient la proie idéale et tout à coup tous ces gens finalement parce qu'il n'y a pas eu que Pettiot lui-même, il y a eu tous les rabatteurs entre entre les juifs et Pettiot, il y a tous ces gens qui se sont pris de de l'argent sur le dos des juifs et finalement cette, j'ai trouvé que ce personnage et son action étaient très très emblématiques finalement de toute la noirceur de la p s de l'occupation.
France Inter. Assez sensible.
Romain Soucoub, sur la méthode, si je puis dire la méthode Potio, il y a une source de l'époque intéressante, un ancien de la Gestapo française qui a affirmé le connaître précisément et bien même. On sait ce qu'il a
raconté. Oui alors c'est un, il y a un journaliste qui qui utilise comme pseudonyme Henri Sergue et qui a publié des livres dans les années quatre-vingt sur sur les truands français de l'occupation et principalement sur la la fameuse carlingue de la rue de Riston qui très très liée en fait à à à Pettio même si les preuves manquent et et lui il disait que Pettio, alors il y a une première chose c'est comment dire c'est c'est comment est-ce que les gens étaient drogués par cette cette injection, mais une fois qu'ils arrivaient dans ce fameux cagibi absolument terrifiant, cette pièce triangulaire, bien on leur, peut-être leur disait bon ben asseyez-vous sur vos valises, et caetera, les passeurs ne vont pas tarder à venir, vous sortirez par la par la porte, voilà les fameux battants dont parle le commissaire Massu qui sont les battants de portes collées contre le mur et puis et puis il y a donc disait toujours cet ancien truand de la carlingue que que Sergue a interviewé en Amérique du Sud, il y avait un seau, il disait mes wc sont bouchées, donc désolé vous ne pouvez pas les utiliser, mais si vous avez un besoin pressant, vous pouvez utiliser le seau.
Et dans ce seau, il y avait de de l'acide sulfurique dilué dans dans de l'eau distillée et donc il disait oui désinfectants, distiller forcément et puis il sortait et avant de sortir parce qu'il faisait des allées venues pour rassurer les gens, mais finalement il les enfermait dans ce cagibi et ils lâchaient un petit sac de de de boulettes en fait de cyanure de potassium, ce qui déclenchait une réaction en fait qui produisait du cyanure d'hydrogène qui est en fait exactement la recette du fameux cyclone B qui était produisait industriellement les nazis pour les chambres à gaz et donc c'est ça qui tuait les gens, enfin qui tuait ces malheureux qui se ils se réveillaient de cette injection pour succomber en fait
à
à ça et ce que Massu a un peu foiré son enquête, il a il a il n'a pas voulu vraiment croire que c'était une chambre à gaz alors pourtant c'est c'est
Ah c'est difficile à croire.
Voilà, mais surtout il a dit, mais ce n'est pas possible parce qu'il y a un jour sous la porte et donc le l'air passe voilà, mais en fait tout simplement la porte, l'hôtel particulier était rempli de bric à brac, il y avait des tapis partout, donc il lui suffisait de rouler un tapis, de le pousser sous la porte.
Il y a
eu des survivants Alors il y a
eu un, alors il y a eu des gens qui ont eu la présence d'esprit de refuser de partir au dernier moment, notamment un couple qui s'appelait Kadored Despingen, la femme était médecin, elle s'est méfiée, elle était elle-même un peu psychiatre et tout, elle a eu l'impression que que que que Petio était droguée ou payote, ce qui était vrai d'ailleurs parce que le, c'est également ça avec des injections de de de de de de stupéfiants qui leur faisait pour justement qui qui qui renonce un peu à toute volonté et qui se laisse enfermer ses victimes et par contre il y a eu un un homme qui est passé par tout le processus et qui s'est évadé et c'est dans un livre extrêmement qui est introuvable qui s'appelle le cas du docteur Petio qui est publié en dix-neuf-cent-quarante-quatre en Belgique et dans lequel un certain Albert Massuit l'auteur raconte publie le témoignage d'un juif qui s'appelle Raphaël K et qui lui est entré et a été a eu cette injection de de Phéote et qui s'est réveillé dans des dans avec des visions hallucinatoires absolument épouvantables avec une grande douleur à cause de l'overdose de Phéote et par chance en fait il le le la la porte n'était pas bien fermée et il a réussi alors qu'il était ligoté parce qu'il y avait des pitons de fer en haut des des 3 murs de de la pièce triangulaire, il a réussi à à donner des des ruades, à se dégager et il est sorti et Potio s'était absenté.
Il est sorti donc par une fenêtre.
Il est allé se se plaindre et aller voir la police, ça a aidé la police à l'arrêter ou
pas Pas du tout parce que c'était en en mars quarante-quatre, la Gestapo était encore en Belgique, était encore en France et ce jeune Raphaël K qui n'a pas voulu donner son nom de famille était pouvait être arrêté et donc il n'a pas donné son nom.
Romain Slowkont Sadorski chez le docteur Satan l'affaire Pettiot comme vous ne l'avez jamais vu, c'est à lire merci.
Merci beaucoup à vous.
C'était affaires sensibles aujourd'hui le docteur Pettiot faux résistant everywhere une émission que vous pouvez réécouter en podcast bien sûr à la technique aujourd'hui il y avait Vincent Dosière.
Affaire sensible est un podcast France inter.