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Je trouvais ça bizarre. Mon grand-père ne parlait jamais de son enfance en Corse. Il ne parlait jamais des lieux de son enfance. Quand je posais des questions, il ne disait rien. Je sentais qu'il y avait un secret.

L'appartement était triste, il était très en désordre et il y avait de vieux papiers partout. Je regardais les affaires de mes grands-parents, leurs ces objets, c'était leur vie. Pour moi, c'était étrange parce que je ne sentais pas grand-chose. Je n'étais pas proche de mes grands-parents. Damien, son certificat de décès.

Damien. En lisant le certificat de décès, j'ai vu quelque chose d'incroyable. Le certificat disait que mon grand-père était en mille-neuf-cent-vingt-cinq à Vienne, en Autriche. Son arrière-grand-père. Mon arrière-grand-père ne s'appelait pas boucher.

Il s'appelait Landisman, Otto Landisman. Sa femme, la mère de mon grand-père s'appelait Hilda Golblatt Landisman. C'était la première fois que je découvrais ces noms. J'étais sous le choc. Dans ma tête, c'était comme un puzzle.

Je voulais en savoir plus. J'avais besoin de comprendre ce qui s'était passé. Bienvenue C'était la pièce manquante du puzzle. Dans la valise en cuir, il y avait des papiers, des lettres, des cartes d'identité, un agenda et des photos. J'ai trouvé des photos de mon grand-père enfant avec sa mère Hilda Goldblatt.

C'était impressionnant parce que j'avais l'impression d'être dans le passé. Je lisais l'agenda. Je voyais écrit lundi, il faudra acheter des carottes. Mardi, cela fait cinquante jours que je n'ai pas reçu de lettre de Peter. J'ai réalisé que cet agenda s'arrêtait en plein milieu.

Mon arrière-grand-mère n'a jamais terminé son agenda de l'année mille-neuf-cent-quarante-trois. J'ai pensé la police l'avait probablement arrêté à ce moment-là. Pour moi, c'était très violent. La première chose que j'ai pensée, c'est Hitler a gagné deux fois. Il a gagné une première fois en exterminant les membres de ma famille et il a gagné une deuxième fois parce que je ne connaissais pas l'histoire de notre famille et de nos racines.

À ce moment-là, j'ai demandé à mon père si je pouvais prendre la valise. Il m'a répondu oui. Alors je suis parti tout seul avec la valise. Ce jour-là, j'ai décidé de prendre en main cette histoire. Je suis devenu l'historien de ma famille.

Le papier était jaune et tout était écrit à la main. J'avais l'impression de rencontrer une autre personne, Peter Hans Landisman, un petit garçon brillant. Son enfance semblait heureuse avant la guerre et avant qu'il devienne Pierre Jean Boucher. En mille-neuf-cent-trente-huit, mon grand-père avait treize ans. Il vivait à Vienne avec sa mère.

Quand les nazis ont envahi l'Autriche, Hilda voulait envoyer son fils en Amérique pour le sauver des nazis. Pour moi, imaginez la séparation entre mon grand-père et sa mère Hilda, c'était très difficile. Certaines lettres dans la valise étaient écrites par des résistants. Ces lettres parlaient de mon grand-père. Elles racontaient son rôle dans la résistance.

Ses supérieurs disaient que c'était un combattant courageux. Lire ça, c'était impressionnant. Je ne savais même pas qu'il avait fait partie de la résistance. C'était un passeport français. Il datait de mille-neuf-cent-quarante-cinq.

Sur le passeport, mon grand-père avait deux noms, Pierre-Jean Landisman, dit Boucher. À ce moment-là, j'ai compris. Le nom que je porte aujourd'hui, Boucher, c'est le pseudonyme de mon grand-père. Il a pris ce pseudonyme pour pouvoir se cacher pendant la guerre. La mairie.

Je suis allé à la mairie. Je pensais que changer de nom allait être facile. Je ne pensais pas que ça pouvait être compliqué de reprendre le nom de mon grand-père. J'avais des preuves et j'avais une bonne raison. Je voulais réparer mon histoire.

Un nom à consonance française. C'est ce que mon grand-père a fait quand il a demandé la nationalité française. Il a dit que landaismann était un nom juif et que donc il préférait prendre le nom de boucher. Je suis allé à Vienne en plein mois de février. Je n'y étais jamais allé.

Je voulais voir la ville mon grand-père avait vécu dans son enfance. Je voulais aussi essayer de trouver plus d'informations sur sa famille et en particulier sur sa mère Hilda Goldslat. Qu'est-ce qui était arrivé à cette femme Après son arrestation, Hilda a été déportée à Auschwitz et elle est morte là-bas. Apprendre ça, ça m'a bouleversé. Les effets de la guerre sur ma famille devenaient encore plus concrets.

Quand Hilda est morte, elle ne savait pas que son fils était encore vivant. Mon grand-père a probablement été très triste quand il a appris ça. Je n'ai jamais compris qui avait fait installer cette tombe. Ma mère m'a dit que mon grand-père allait tous les ans en Autriche, mais elle ne savait pas pourquoi. Peut-être que c'est mon grand-père qui a fait installer cette tombe.

Peut-être qu'après la guerre, comme moi, il est retourné à Vienne, sa ville natale, à la recherche de sa mère. Quand je suis arrivé au cimetière, j'ai réalisé que c'était très grand. Je suis allé dans la section des tombes juives et j'ai cherché dans toutes les allées, mais je n'arrivais pas à trouver la tombe. Une pierre tombale Je suis tombé à genoux sur la tombe et j'ai pris la pierre tombale dans mes bras en pleurant. J'étais perdu.

Avant ce voyage à Vienne, je ne savais pas qu'une tombe existait. Je ne m'attendais à rien, mais avec cette tombe que je pouvais toucher, je sentais que Hilda Goldblatt avait vraiment existé. C'est le moment de ma vie je me suis senti le mieux. Faire ce voyage, trouver cette tombe, ça avait une signification très importante. Je voulais mieux comprendre ma relation avec mon grand-père, Mais je voulais aussi me reconnecter avec les générations avant moi et reprendre l'histoire que les nazis avaient arrêtée.

Facebook. Online Damien Boucher, Beckham Damien Landestman. C'était excitant parce que je pouvais enfin écrire Damien Landestman. Mes amis m'ont posé beaucoup de questions. C'était la première fois qu'ils voyaient ce nom walter read vivait à chicago il connaissait mon grand-père pendant la guerre ils étaient tous les deux dans un orphelinat de la Croix-Rouge, dans le sud-ouest de la France.

Dans cet orphelinat, il y avait beaucoup d'enfants juifs, allemands et autrichiens. Walter m'a dit, c'est drôle, tu m'écris au moment parfait. Dans quelques mois, il y a une cérémonie en mémoire de l'orphelinat. Tu dois être là. La cérémonie ressemblait à une vieille réunion d'école.

Tout le monde avait le même âge et ils étaient très heureux de se retrouver. Les gens montraient des photos de leurs petits enfants. Ils se donnaient des nouvelles. La majorité était partie de France après la guerre. Ils étaient venus de loin, spécialement pour cette cérémonie.

Il y avait des gens des États-Unis, d'Israël et même d'Australie. J'ai dit, je suis le petit-fils de Peter. Tout le monde était surpris et sous le choc. Les gens ont commencé à répéter, c'est le petit-fils de pétard c'est le petit-fils de pétard Ils m'ont parlé de mon grand-père. J'ai vite réalisé qu'à cette époque, personne n'aimait beaucoup mon grand-père.

Apparemment, il n'était pas très gentil, mais les gens étaient tous heureux de savoir que mon grand-père avait refait sa vie, qu'il avait un fils, mon père et un petit-fils, moi. C'était important pour eux. Cicatriiser, c'est quelque chose que mon grand-père n'a jamais réussi à faire. À cause de ça, j'ai été très triste pour lui. J'imagine que c'est très difficile de vivre dans le silence comme lui.

Quand j'ai vu tous ces gens, j'ai compris qu'ils avaient eu une vie meilleure que mon grand-père. Ça m'a donné de l'espoir. Je pensais que c'était très important de pouvoir reprendre nos non juifs pour moi mais aussi pour ma génération. Je savais que ça n'allait pas être facile. Je devais avoir une autorisation spéciale pour prendre le nom que mon grand-père avait abandonné, mais je faisais confiance à mon avocate.

Quelques mois plus tard, j'ai reçu ma nouvelle carte d'identité. Et ce changement de nom est devenu réel. J'avais beaucoup d'émotion en tenant dans mes mains ce document ordinaire et de voir le nom de Damien Landestman, ça a pris longtemps, mais c'était important. J'étais très heureux. Le dernier maillon.

Pour moi, le nom, c'est une chaîne avec des maillons. Je suis seulement un maillon de cette chaîne. En reprenant ce nom, j'ai reconnecté tous les maillons, ceux d'aujourd'hui et ceux d'avant la guerre. Le jour de la naissance de notre fils, nous avons décidé de l'appeler Adam, Adam Landisman, le premier homme.

Podcast: Duolingo French Podcast
Episode: Le nom caché (The Hidden Name)