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Bonjour à toutes et bonjour à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Langua talk, slow french. Aujourd'hui, c'est un épisode un peu spécial. Nous avons un invité, bonjour Johann.

Bonjour Gaël.

Merci d'être avec moi aujourd'hui pour cette interview. Est-ce que tu pourrais te présenter rapidement

Bonjour, je m'appelle Johan Joly, je suis danseur et chorégraphe. J'ai vingt-deux ans et j'habite à Paris.

Très bien donc aujourd'hui, je t'interroge parce que tu as un métier, une profession très intéressante. Tu as dit tu es danseur et chorégraphe. Oui. Alors, depuis quand tu es danseur et quand est-ce que tu as commencé

Alors j'ai commencé la danse quand j'avais 6 ans et je me suis professionnalisé au fur et à mesure. Je suis danseur professionnel depuis maintenant deux ans.

D'accord, tu as commencé quand tu avais 6 ans. Waouh, c'est très jeune. Et pourquoi tu as commencé la danse

Alors j'ai eu envie de commencer la danse après avoir regardé le film Billy Eliott, un mercredi après-midi il pleuvait et je ne pouvais pas jouer à l'extérieur, mon père m'a proposé de regarder ce film et après avoir vu ce personnage qui tombait amoureux de la danse, je me suis dit que c'était une possibilité et j'ai donc décidé de demander à mes parents de m'inscrire au conservatoire pour aller faire de la danse.

Ok, alors on va reprendre quelques points d'explication. Donc c'est un film qui t'a donné envie. C'est un très film. Il s'appelle donc Billy Eliot. Est-ce que tu peux nous raconter un peu l'histoire de ce film

Donc ça se passe pendant les années Thatcher en Angleterre, dans une famille qui travaille à la mine. Le père et le grand frère travaillent à la mine.

La mine, c'est en Angleterre.

Et pendant la grève des mineurs et on suit la vie du petit frère qui commence à danser avec la prof de danse du village. On voit toute l'évolution de ce personnage qui aime beaucoup ça et en même temps le regard de la société, de ses parents, de sa famille. C'est un garçon

qui fait de la danse.

C'est un garçon qui fait de la danse.

Et de la danse classique.

Et de la danse classique qui est normalement un truc de petite fille. Et au début, il est censé aller à la boxe et en fait, il se retrouve dans un cours de danse. Et effectivement, ce n'est pas normal. Et du coup, il y a tous les clichés de qui ressortent sur ce que c'est qu'être un qu'être danseur et du coup, il est traité d'homosexuel alors qu'il ne l'est même pas. Et son père veut l'empêcher de faire de la danse.

Et au fur et à mesure, il arrive à faire accepter à sa famille, à son entourage que c'est vraiment ce qu'il a envie de faire et qu'il pourrait en faire quelque chose de très bien parce qu'il est doué, il a du talent et sa professeur lui propose de passer l'audition au Royal Ballet, à la Royal Balletsco et il est pris. Donc il

est accepté, il rentre dans l'école.

Et la fin du film,

On ne dit pas.

D'accord.

Mais donc très bien donc Billy Elliott, un film découverte quand tu avais donc cinq ans ou 6 ans Cinq ans. Très bien, donc c'est incroyable. Un film t'a donné envie de faire de la danse. Et après, quelle est ta formation Comment tu as, comment tu es devenu danseur

Alors, après avoir, après m'être inscrit au conservatoire.

Alors le conservatoire, tu peux expliquer ce que c'est

Donc c'est l'école de danse, mais publique qui est gérée par la mairie de la ville.

Donc dans une ville, il y a une mairie en France, donc c'est le l'organisme qui représente le gouvernement à l'échelle locale et c'est donc de

Il y a des conservatoires de danse, mais aussi de musique.

De musique surtout. On parle beaucoup de conservatoire pour parler de la musique, mais il y a aussi des cours de danse. Donc après m'être inscrit au conservatoire, j'avais.

S'inscrire, ça veut dire to sign up.

J'ai passé quatre ans dans mon conservatoire de ma ville et ma professeur croyait pas mal en moi. Moi, j'avais envie de devenir danseur étoile, je disais à ce moment-là.

Un danseur étoile, qu'est ce que c'est

Danseur étoile, c'est le plus haut niveau des danseurs à l'Opéra de Paris.

Donc, je pense que vous connaissez ce nom, l'Opéra de Paris. C'est une école, mais aussi surtout un

Une compagnie.

Une compagnie de danse très, très réputée, très connue.

C'est la plus vieille compagnie de danse classique au monde. Elle a plus de trois cent cinquante ans et elle est basée à Paris.

Basée, ça veut dire elle est positionnée. C'est elle.

elle travaille.

Elle travaille, c'est à Paris.

Dans l'opéra Garnier notamment, très beau bâtiment de Paris. Et maintenant aussi l'opéra Bastille travaille dans deux théâtres et donc c'est le plus haut grade, c'est la récompense ultime pour les danseurs exceptionnels. À l'époque, je, quand j'étais petit, je disais que je voulais être danseur étoile. J'ai bien changé depuis et donc ma professeur m'a proposé, a proposé aussi à mes parents surtout, comme dans Billy Elliott, que je passe l'audition pour rentrer à l'école de danse de l'opéra de Paris.

Et tu avais quel âge

J'avais neuf ans et

demi. Voilà, donc c'est un sacré, une sacrée expérience d'essayer de partir à Paris parce que tu, quand tu étais petit, tu habitais

J'habitais à Lyon, dans la banlieue de Lyon, une ville à côté. Lyon, c'est à 6 cents kilomètres de Paris. Et donc quand je, mes parents et moi, on a décidé que je pouvais partir à Paris, J'ai fait l'audition et j'ai été pris. Donc, je suis parti en internat à l'école de danse de l'Opéra de Paris.

Et c'est une audition qui est très difficile

Un peu. Ça dépend de critères des fois très arbitraires. Le premier critère, c'est un critère physique. Donc si on a le corps qui correspond aux critères de l'école, ça peut marcher. Si on a le corps qui ne correspond pas, ça ne peut pas marcher.

Par exemple, si on est trop petit.

Si on est trop gros, s'il y a un gros problème de poids.

Ce poids, c'est the weight.

Donc sur la vision du corps du danseur. Si on n'est pas assez souple, flexible.

D'accord, donc ça, premier critère.

Premier critère. Le physique. Et deuxième critère, j'étais très petit, donc je n'étais pas encore très fort. Mais il faut avoir un peu de technique et essayer, ils essayent de voir si on comprend vite, si on apprend vite les exercices et si on est réactif.

Ok. Et donc tu es, tu as été accepté

J'ai été accepté et je suis parti là-bas quand j'avais dix ans.

Et donc, est-ce que tes parents sont allés à Paris aussi

Non, je suis parti tout seul. Mes parents vivaient toujours à Lyon et je suis parti à l'internat.

Donc internat, c'est the bowling school.

À l'internat de

l'école. Et donc tu restais toute la semaine et les week-ends

Je ne restais pas le week-end. Je rentrais chez mes parents le week-end. En France, on a un système de train qui est très efficace et donc je pouvais rentrer de Paris à Lyon tous les week-ends.

Il y avait un adulte avec toi

Il y avait des élèves plus vieux que moi qui m'accompagnaient dans le métro pour aller prendre le train. Mais après, je prenais le train tout seul.

Donc à dix ans, le train tout seul pour faire 6 cents kilomètres. Voilà. Waouh. Ok. Et donc l'opéra, tu à l'école de l'opéra, tu es resté combien d'années

J'y suis resté 6 ans et demi.

6 ans et demi. Ok. Et après, qu'est-ce que tu as fait

Et après, je suis rentré au conservatoire national cette fois. En France, les conservatoires, c'est les écoles de danse publiques, donc gérées par l'État. Et il y a plusieurs niveaux du plus petit niveau qui est la ville jusqu'au plus grand niveau qui est le conservatoire national. Il y a deux conservatoires national en France, un à Paris, un à Lyon. Ça faisait déjà 6 ans que j'étais à Paris et donc je suis rentré au conservatoire de Paris.

Tu voulais rester à Paris

Je voulais rester à Paris.

Et est-ce que c'est difficile de rentrer dans ce conservatoire

C'est assez difficile comme pour l'opéra. Les élèves sont rentrent plus vieux, mais pour moi qui étais déjà à l'opéra avant, j'ai, ce n'était pas si difficile que ça.

Parce que tu avais un bon niveau.

Parce que j'avais une très très bonne formation et donc j'avais un bon niveau pour mon âge.

Et combien d'années tu as fait au conservatoire

Alors, en arrivant au conservatoire, j'étais en formation de danseur classique. J'ai fait

Donc classique, pardon, en anglais, on dit de parler. D'accord, c'est là, nous, en français, on dit la danse classique.

Donc, je faisais de la danse classique. J'ai fait un an au conservatoire national en danse classique et après avoir obtenu mon diplôme, j'ai décidé de me former en danse contemporaine.

D'accord, parce que tu en avais marre de la danse classique Oui,

ce n'était pas pour moi. Je ne me voyais pas être danseur classique finalement. Je le sens.

Danseur étoile, C'était

un ancien rêve. J'avais changé et maintenant je voulais être plus libre dans les mouvements que je pouvais faire, dans la vision de la danse que je pouvais avoir. La danse classique me paraissait plutôt une prison un peu dont j'avais envie de me sortir. Donc j'ai décidé de faire de la danse contemporaine et j'ai refait trois ans de formation au conservatoire national dans le cursus de danse contemporaine.

Et à la fin de ces trois ans, tu as eu un diplôme

J'ai eu mon diplôme de danse contemporaine et depuis, je suis hors du conservatoire et je commence ma carrière de danseur professionnel.

Très bien. Et dans le cadre de cette carrière professionnelle, je sais que tu as un spectacle qui s'appelle le petit prince. Est-ce que tu pourrais nous raconter ce spectacle s'il te plaît Spectacle, ça veut dire show.

C'est un spectacle que j'ai créé avec des amis musiciens. Il y en a deux versions. La première version a été créée il y a deux ans et c'est une pièce pour un danseur, c'est moi et cinq musiciens, des instruments à vent.

Et par exemple, c'est quoi des instruments à vent

Des instruments à vent, par exemple, c'est la clarinette, le trombone, corps anglais,

le ou le saxophone.

Non, il n'y a pas de saxophone, mais le saxophone un instrument à vent.

D'accord. Donc un danseur, cinq musiciens.

Pour une pièce de trente minutes et sur une musique qui a été écrite spécialement pour cette création. On a fait appel à un compositeur qui a écrit la musique et maintenant, il y a une deuxième version que nous allons créer avec mes amis cette année, qui est pour toujours un danseur, mais cette fois ci avec un marionnettiste.

Tu peux expliquer qu'est ce que c'est

Marionnettiste, c'est quelqu'un qui manipule des marionnettes solo qui manipulate a puppets.

C'est a

puppets. C'est a puppets.

C'est quand on met les mains dans une, un objet en tissu et qui représente un animal ou une

personne. Et cette fois-ci neuf musiciens au lieu de cinq. Il y a encore plus de musiciens.

Et donc, est ce que le spectacle est plus

long Le spectacle sera plus long. Il fera une heure, un spectacle complet. Que je n'ai pas dit, c'est que c'est un spectacle qui est qui s'appelle Le Petit Prince, qui est basé sur l'histoire d'Antoine de Saint-Exupéry, le livre Le petit prince qui est un conte onirique. Onirique, ça veut dire autour du rêve. Donc,

c'est une histoire imaginée. Ce n'est pas une vraie histoire.

Et c'est l'histoire du petit prince qui vit sur sa planète. Peut-être que vous connaissez. Si vous ne connaissez pas, je vous invite à le lire. C'est pour tout le monde, les enfants et les adultes.

Et c'est un livre très connu dans la littérature française.

Voilà.

Et donc sur scène, est-ce que le danseur, donc toi, est-ce que tu incarne le petit prince Est-ce que tu es le petit prince

Oui, dans la première et dans la deuxième version, je suis le petit prince, c'est-à-dire que j'ai un costume qui correspond au petit prince et j'incarne, je représente, j'interprète le petit prince.

Très bien. Donc tu nous as parlé de ta formation pour devenir danseur. Maintenant, tu as un spectacle, le Petit Prince. Comment on fait fonctionner une compagnie

Pour faire fonctionner une compagnie, il faut trouver de l'argent, des subventions pour payer les danseurs pendant les répétitions. Ensuite, il faut vendre le spectacle pour que les théâtres aient envie d'acheter le spectacle.

De montrer le spectacle.

Et de montrer le spectacle à du public. Et tout ça, ça prend beaucoup de temps et c'est assez compliqué. C'est la partie de l'ombre, c'est la partie qu'on ne voit pas.

In the shadow. Oui parce qu'on imagine un danseur qui sa seule occupation, c'est de faire de danser. Mais en fait, il y a beaucoup d'autres activités.

Oui, voilà. Moi, cette année, je n'ai pas beaucoup dansé aussi à cause du coronavirus et du manque de lieux ouverts pour danser. Mais j'ai beaucoup fait de travail administratif. J'ai fait des budgets. J'ai demandé de l'argent à des mairies.

J'ai essayé de trouver des lieux pour répéter la pièce.

Répéter, ça veut dire to reacht.

En amont, en avant, pendant un an, avant que la pièce puisse être créée. J'ai envoyé beaucoup de mails pour vendre le spectacle. Tout ça, c'est un travail qui est complémentaire au travail du danseur.

Très bien. Et donc, est ce qu'il y a des résultats positifs à tout ce travail

Plutôt. Cette année, on va pouvoir créer la pièce dans des conditions relativement bonnes. On a cinq semaines de répétitions dans deux lieux différents et on a un petit peu d'argent pour pouvoir payer les artistes pendant ces répétitions parce que c'est du travail. Et ensuite, on a cinq dates qui sont prévues entre janvier et mars deux mille vingt-deux.

Très bien. Donc vous avez cinq spectacles Cinq spectacles. D'expérimentation. Et est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton travail

Ce que j'aime le plus, c'est la liberté de créer et la possibilité de me faire des spectacles pour un public et que le public apprécie le travail que j'ai fait.

Donc pas l'administratif, mais la création. Pas

l'administratif. L'administratif est nécessaire pour pouvoir avoir la liberté de créer ensuite.

Très bien. Et pour terminer, est-ce que tu aurais un spectacle ou un chorégraphe à nous recommander

Actuellement j'aime beaucoup le travail de beaucoup de chorégraphes, mais je vais vous en conseiller seulement trois. Premièrement, en France, il y a un chorégraphe contemporain que j'aime beaucoup qui s'appelle Rachid ou Ramdam. Qui travaille à Grenoble avec des danseurs contemporains et aussi une compagnie de cirque. Le dernier spectacle qu'il a créé s'appelle Moebius. C'est avec une compagnie de cirque qui s'appelle x y et c'est un magnifique spectacle.

Je vous le conseille.

Et est-ce que ce spectacle, on peut le voir sur internet

En France, il est disponible sur France Culture.

Un deuxième

Ensuite, une artiste que dont j'apprécie beaucoup le travail, c'est Tatiana Julien. C'est une chorégraphe et danseuse assez jeune française qui a fait ses études au conservatoire national comme moi et qui est sorti, qui a fini il y a dix ans et qui crée des pièces sur l'urgence climatique, par exemple, ou sur le travail, les manifestations qui créent de la danse contemporaine à partir de ces idées



et qui fait des pièces très engagées et très fortes, très puissantes. Ça, c'est un peu politique. C'est très politique. D'accord. Et sinon pour pour un pour un chorégraphe beaucoup plus célèbre et beaucoup plus connu, je conseille le travail de Akram Khan que vous connaissez peut-être.

Il travaille en Angleterre. C'est un danseur d'origine indienne qui dansait des danses traditionnelles et qui est venu en Angleterre et qui a créé des spectacles en mélangeant la danse traditionnelle cataque. Et il a mélangé ses origines kathak avec la danse contemporaine européenne. Et il a maintenant une compagnie qui est extrêmement reconnue et célèbre dans le monde entier.

Très bien. Bien merci beaucoup Johan pour toutes ces informations sur ton travail et comment tu es devenu danseur.

Merci à toi.

Et à bientôt. Merci et à la prochaine.

Podcast: Gaelle's LanguaTalk Slow French
Episode: #25 Découvrir un métier - danseur et chorégraphe